00 claudia 22***Comment être un être authentique***

Lorsque l’on parle de spiritualité on invente un terme qui n’a rien à voir avec la réalité. On met d’un côté le monde dit profane ou matérialiste et de l’autre côté on invente et on nomme un monde spirituel. Comme s’il y avait dans l’univers créé par Dieu deux mondes qui se font la guerre. Un monde d’où l’on vient et qui serait ignorant, matière, limite et mort et un monde où l’on va, que l’on appellerait le monde de Dieu où n’y a qu’immortalité, plénitude, régénération, etc.En fait, si l’on veut concevoir exactement la spiritualité, il faut lui ôter cette racine matérielle et matérialiste. Il faut lui ôter ce que l’on appelle le monde profane. On ne peut pas être un homme ou une femme de spiritualité si l’on pense qu’il y a un monde profane, un monde aveuglé, un monde sourd et muet, un monde de la matière. Si on pense ainsi, le disciple n’arrivera ni à trouver sa place, ni à faire l’effort correct, ni à le faire depuis le bon endroit.


Devenir spirituel ne vient pas du fait que l’on va s’intéresser à la spiritualité, que l’on va apprendre tous les mots sanscrits qui existent, que l’on va suivre tous les séminaires, que l’on va prier Dieu, que l’on va faire des méditations, du yoga, ou je ne sais quoi d’autre. Ce sont des activités comme d’autres. Vous pouvez objecter, que si je médite, c’est un acte spirituel et que donc la méditation fait partie du monde spirituel.Bien sûr tu peux me rétorquer cela et que donc la pratiquant tu agis en tant qu’élément spirituel, mais je te dirais que c’est le monde vu de ton balcon.Les notions vues depuis mon balcon sont complètement différentes. Pour nous, il n’y a ni monde profane ni monde spirituel, il y a tout simplement une intention de réalité. Ce qui fait qu’il y a des hommes qui sont enfoncés dans la spiritualité depuis des années et des années et qui ne sont pas pour autant spirituels.

Pourquoi ?
Tout simplement parce que toutes leurs attitudes et surtout leurs attitudes morales, mentales, toutes leurs conceptions sont en fait dans le monde profane. Même lorsqu’ils essaient d’imaginer Dieu, ils l’imaginent avec la lunette du monde profane. C’est un peu comme un homme qui est sur le quai et qui voit passer des bateaux qui vont vers des pays fantastiques et d’ailleurs ils n’en reviennent pas.Il s’imagine déjà acheter un ticket et c’est ce qu’il va faire. Il va au guichet et il fait comme tout le monde, il va à la messe ou aux rituels ou a des séminaires. Mais il n’empêche qu’il ne construit jamais son bateau et qu’il reste sur le quai et que ce sont bien les autres qui partent et jamais lui.Alors pour se donner l’illusion du déplacement, du voyage, il trotte sur la rive. Il suit les bateaux et il pense qu’en les suivant en parallèle sur la rive, il arrivera au même endroit que les bateaux.

Mais très vite, les bateaux filent droit vers l’horizon et il ne peut plus les suivre. Ce qui fait que le marcheur reste sur la rive, ce n’est pas parce qu’il a été stupide ou aveugle c’est tout simplement le poids de ses conceptions qui l’ont retenu sur la rive.
Un homme ou disons un esprit en lui-même n’a aucun poids. Il n’a pas plus le poids de la matière, le poids de l’aveuglement, aveuglement dont on parle tant lorsque l’on imagine l’âme descendue dans la matière. L’esprit ne connaît pas le poids. Par contre, ce qui va lui donner un poids immense, c’est la conception qu’il va avoir du monde qui va s’ouvrir à lui et du ciel qu’il va essayer d’imaginer une fois qu’il sera tombé dans le monde. Car c’est tout ce qui lui restera, s’imaginer ce qu’est le ciel.
De ce fait, le disciple entame une pensée dualiste, il contemple le monde dans lequel il est, il l’analyse, il essaie de se défendre et par poussée, inspiration ou intuition, il essaie d’imaginer un monde spirituel, un monde divin. Et pris entre deux chaises, comme vous dites, il ne sait pas toujours doser la part d’effort qui doit être fait sur le monde de la matière ou sur le monde de l’esprit, de même que la part de discernement ou de défense, la part de force qui doit être appliquée sur le monde de la matière ou sur le monde de l’esprit.

Pour l’individu qui entretient une pensée dualiste, tout l’univers de la spiritualité lui semble un mystère, un mystère si immense qu’il ne pourra pas le résoudre de sitôt. Alors il se trouve le besoin d’avoir un Maître et il s’invente comme cela une dépendance, et en haut des Maîtres il place Dieu, le suprême initiateur, celui qui va libérer toutes les âmes. En partant d’une pensée dualiste, on voit un homme qui s’achemine vers une dépendance vis-à-vis d’un système, qu’il soit social, religieux ou philosophique, puis vis-à-vis d’un homme parce qu’il cherche un initiateur et qu’il se l’invente, puis vis-à-vis d’un Maître, d’un Dieu. Ceci fait que ce disciple ne peut pas bouger le petit doigt sans se poser la question :

Est-ce que je fais l’effort correct, est-ce que je dois faire cet effort-là ou celui-là, ce choix-là ou tel autre ?

Sa vie devient un véritable casse-tête et la spiritualité lui apparaît comme une véritable jungle, où se cachent plein d’énigmes qu’il lui faudra beaucoup de temps à résoudre. Rien n’est plus faux. Le Maître n’invente rien, Dieu n’invente rien. Il n’a pas posé des pièges à un moment du chemin de la vie du disciple. Par contre dans la sphère intérieure du disciple, chaque émotion, chaque attitude morale, mentale, chaque débordement vient s’inscrire comme une leçon à apprendre. Ainsi c’est le disciple lui-même qui engendre dans sa sphère intérieure le besoin d’être éprouvé, et il le démontre par l’erreur commise. Autrement dit, l’homme est celui qui engendre ses propres épreuves. C’est lui qui plante le germe de l’épreuve. Ce n’est pas Dieu qui envoie qu’à tel endroit il y aura une épreuve sur le plan sentimental, sur le plan physique ou sur le plan philosophique. Absolument pas, tout simplement parce que les degrés spirituels n’ont pas été établis comme l’homme l’imagine.

Du point de vue cosmique un homme commence à exister lorsqu’il a quitté la matrice de la terre. Avant ce départ, on ne peut pas dire qu’il existe. Il n’est donc pas question de l’éprouver en quoi que ce soit. Par contre, dans sa poche, dans son œuf, œuf que créent son aura et son esprit replié sur lui-même, l’homme va générer des ombres, des trous, des failles et automatiquement il va devoir en boire tout le jus. C’est cela que l’on appelle le karma. Ce n’est pas le fait qu’il existe un seigneur quelconque qui active une loi X pour que l’élève Y soit purifié. Ce n’est pas une loi qui vient d’en haut, c’est une loi qui vient d’en bas. Je dirais même que c’est une loi qui vient de l’intérieur de l’individu. En fait, même si Dieu n’existait pas, ou plus, cela n’aurait aucune importance car il y a à l’intérieur de l’homme suffisamment de principes pour que l’évolution continue, pour que l’homme aille toujours vers une purification et un meilleur.

Chaque fois donc que l’homme dit, fait, pense quelque chose, il ne doit pas imaginer que cela est sans importance, que Dieu lui pardonnera, ou qu’il pourra racheter son débordement en faisant ceci ou cela.Chaque fois que tu fais un geste, tu plantes une graine dans ton œuf, l’œuf de ton esprit replié sur lui-même pour le temps de ton incarnation. Et chaque fois que tu plantes une graine, la graine va germer et elle va donner un fruit et tu vas vivre avec. Et lorsque tu t’apercevras que son goût est amer, tu ne seras pas heureux de ta vie.Cependant, il ne faut pas croire que tous les germes ont des mauvais goûts. Il y a aussi ce que l’on appelle le bon karma, une bonne pensée, un bon geste, une bonne attitude.

Ces choses vont engendrer de bonnes graines et vont donner de bons fruits. Tout le travail du jardinier, du guide en fait, sera d’apprendre à l’homme, dans un premier temps, à ne plus engendrer de mauvais fruits. Donc arrêter la catastrophe, la création négative, et ensuite à arracher les fruits mauvais, sans qu’il ait besoin de les manger, comme le karma vécu inconsciemment conduit le disciple à manger toutes ses négativités.C’est là, que se posent l’effort et l’ascèse, c’est là qu’entre en jeu le véritable engagement spirituel, l’effort sur soi-même, la prise en charge, la prise en main, la volonté spirituelle.

Il y aura toujours une part de karma que l’homme devra expérimenter, vivre. Donc une part de karma qui le conduira vers des situations inévitables, c’est certain. Mais il y a aussi une autre part de karma qui est là comme une somme d’erreurs sans trop d’importance, qui sont de mauvaises herbes plantées sur le chemin. Là, il faut simplement être bon jardinier et savoir désherber, il n’est pas nécessaire de manger toutes ces mauvaises herbes. Il suffit de savoir se prendre en main et de changer les choses.L’homme a suffisamment à faire avec le karma inévitable sans qu’il s’oblige à manger toutes les mauvaises herbes du jardin de sa vie, ce n’est pas utile et ce n’est pas la loi. Par contre, prenez un être qui ne veut ni se regarder, ni s’analyser, ni se prendre en main, alors celui-là devra manger toutes les herbes, bien sûr et il aura une vie très difficile.

Alors à quoi sert la spiritualité ?
Dans un premier temps elle sert à savoir ne plus créer de mauvais fruits. C’est vers cette attitude que tendent toutes les églises, tous les rituels, et c’est pour cela qu’elles paraissent si intransigeantes et qu’elles élaborent de grands livres d’interdictions, tu ne feras pas ceci, tu ne feras pas cela, tu ne penseras pas à ceci ou à cela.L’homme vit cela comme une grande domination, il se révolte même contre la chose. Mais s’il se révolte, c’est parce qu’il a déspiritualisé le conseil qui était donné soit par les églises ou certains frères ou certains Sages.Lorsque la société change, lorsque la vie change, automatiquement on déspiritualise le conseil qui avait fabriqué et tenu debout une société, celle qui était avant. C’est pour cela qu’un monde qui avait poussé droit semble éclater dans tous les coins et s’éparpiller. Mais en fait, ce n’est pas par décadence ou par chute, du moins pas toujours et pas forcément, c’est uniquement par déspiritualisation des conseils qui avaient élaboré la société qui était avant.


Avant que la majorité des hommes accepte de respiritualiser certains conseils des Sages, il y a toujours un petit moment d’égarement où chacun ne sait plus ce qui doit être fait, ou comment le faire, si Dieu existe et de quelle manière, si ce sont les scientifiques qui ont raison. Ce qui fait tous les égarements que tout le monde connaît aujourd’hui en occident.Ce n’est pas de l’égarement, les choses n’ont pas changé, les lois n’ont pas changé. Les lois ne meurent pas, la spiritualité ne change pas parce que l’on passe dans un nouveau monde. Les grands principes restent les mêmes. L’homme qui se veut disciple n’a pas le droit de se sentir abandonné, déstabilisé ou sans référence. Ce sont simplement les appréciations morales et mentales qui sont extirpées du concept, du conseil qu’avait donné l’église ou des Frères de Lumière. Ce n’est que le conseil extirpé qui est en train de tomber ou de changer, ce n’est pas le principe. Il faut donc avoir l’œil qui regarde un peu plus loin que le concept actuel. Il faut donc passer au delà des idées qui ont mené le monde, le monde social jusqu’à aujourd’hui. L’homme doit ainsi faire un effort de philosophie. Il ne s’agit pas spécialement d’une époque comme le passage dans le nouveau monde. Rien n’est spécial dans le ciel.


Par contre sur la terre, oui, il y a des changements. D’un seul coup on ne pratique plus une telle chose, on ne croit plus à telle autre chose, et le monde paraît changer. Mais en fait, celui qui croit que le monde change et autant dans l’illusion que celui éparpillé qui est victime de ce changement. La spiritualité est ce qui ne bouge pas à travers les âges.Pour entrer en contact avec ce qui ne bouge pas, il faut avoir la sagesse à un moment donné de se mettre au-dessus de ce qui bouge, abandonner donc les concepts traditionnels, les concepts de la masse, qui ont pourtant, par leurs bienfaits, alimenté toute une civilisation. L’homme est plus qu’une civilisation. Même s’il est bon qu’une civilisation existe, même si son creuset est indispensable et que des évolutions ont eu lieu à travers ces creusets, l’homme est au delà et au-dessus de la civilisation. Il ne doit pas en être esclave, il doit s’amuser d’elle au contraire. Celui qui est aveugle va être moulé par la civilisation, il pensera comme la civilisation, il parlera, mangera et mourra comme la civilisation.

Donc, tant que je n’existe pas, je vais exister selon les modèles et les critères d’une civilisation, d’un groupe, d’une famille, d’une nation, d’une idéologie ou d’une église. Mais cela n’est pas de la spiritualité, même si je prends le cas d’exister selon une idéologie, selon une église, cela n’est pas de la spiritualité. Même si l’on se veut méditant, dans la prière, cela ne veut pas dire que cette prière-là est spirituelle. Puisqu’elle est toujours prisonnière d’une dualité et d’une conception dualiste, automatiquement elle reste dans le monde profane, elle ne peut pas emmener l’individu vers la contemplation, c’est impossible.

Où doit donc se poser plus particulièrement l’effort spirituel, quand le disciple veut véritablement en faire un ?

Il doit poser son effort au niveau des conceptions, pas du tout au niveau de ses intestins et faire des lavements pour avoir le côlon propre afin de méditer avec l’esprit plus clair. Il ne doit pas avoir non plus l’effort posé au niveau de son mental pour surveiller ses pensées et répéter des mantras plutôt que de dire des bêtises. Il ne doit plus poser son effort au niveau de son sexe. Tous ces centres-là sont des illusions. Il n’y a plus de problème mental, il n’y a plus de problème sexuel, il n’y a plus aucun problème lorsque l’individu arrive à la conception juste.Mais tant que la véritable idée n’est pas apparue dans le monde mental du disciple, de nombreux fantômes vont pouvoir l’assaillir et lui mener une vie infernale. Le disciple va enregistrer toutes les pulsions de son corps et s’y identifier. Ce qui fait que la faim va devenir l’occasion d’une jouissance ; la soif, le sexe une occasion de plaisir ; la parole, tout le monde est content de faire de beaux discours et d’être écouté. Tout devient sujet à plaisir ou à déplaisir selon que l’on va pouvoir réussir à se satisfaire ou pas.En résumé on pourrait dire de ma pensée générale, que l’homme n’est rien d’autre qu’une idée qui traverse le temps et l’espace, les formes et les règnes et qu’il doit retrouver l’idée juste.

Tant qu’il n’est pas capable de cette conception juste, il va être entraîné dans des rêves plus bizarres les uns que les autres. Et l’homme va croire à ces rêves et lorsqu’il sera dans le moment de souffrir, il va croire à sa souffrance. Lorsqu’il sera dans un moment d’être heureux, il va croire à son bonheur. Dans un moment il doit être riche, il va croire à sa richesse et à la pauvreté lorsque la pauvreté viendra dans le rêve....

 

Ce qui fait que la femme va croire être femme, voudra être mère, va s’identifier à ce phénomène et elle va désirer l’enfant. Et si l’enfant ne vient pas, elle en sera malheureuse et elle va prier un Dieu qu’elle imagine, pour que ce Dieu lui envoie un enfant.

Mais qu’est-ce que Dieu peut faire dans ces cas-là ?

Considérant la réalité du monde Divin, que représente la demande : je veux avoir un enfant. Cela ne représente rien du tout. Lorsque l’on pense à l’équilibre des mondes, à l’équilibre des continents sur la terre, à l’équilibre des politiques, qu’est ce que cela représente, la demande d’une femme qui se sent seule simplement parce qu’elle ne peut pas occuper son temps avec les cris d’un enfant. Il y a des millions d’enfants dans le monde, alors occupe-toi de ceux qui sont déjà nés au lieu de faire des problèmes psychologiques, des blocages, voire même des maladies parce que le ventre reste plat.

Cela n’a aucune importance, d’autant plus que tu imagines forcément un bel enfant, un bon enfant. Mais s’il te vient un bandit, un scélérat, un être sans respect, qui ne te donnera que de la honte, là, j’en suis sûr, tu ne seras pas du tout contente que Dieu ait répondu à ta demande.Toute cette quête, toute cette demande et ardeur ne reposent que sur une chose, sur l’identification au statut de mère.

Être mère qu’est ce que cela veut dire ?

Tu veux avoir un enfant, très bien. Tu le voudrais le plus divin possible, très bien. Mais allons plus loin ensemble dans cet acte pour que tu y découvres la véritable raison et non pas simplement le fait de suivre la nature et le beau sentiment que l’on en retire.Dans un premier temps cela veut dire obéir à une loi, la loi de la nature. Une loi qui dit que tout être qui aura bénéficié d’un corps de par les grâces de la nature, devra en créer un pour une âme qui cherche aussi à s’incarner. Donc c’est avant tout cette loi qui agit dans ton esprit. Mais tu n’es pas simplement l’endroit froid et platonique d’une liste de lois.

L’homme est aussi un être de sentiments, ce qui fait qu’il va sentimentaliser la loi. C’est un acte qui peut parfois être un acte de beauté, mais aussi un acte qui peut devenir un acte d’illusion et d’esclavage. Le fait de mettre le sentiment et l’amour à chaque loi est un acte de beauté si on y ajoute que le sentiment qu’il faut, le sentiment qui suit en même temps la règle du détachement et de la liberté.En tant qu’être humain, si je veux avoir un enfant, je ne suis pas libre vis-à-vis de la vie, je ne pense qu’à ce fait et toute ma pensée est préoccupée par le désir. Donc mon esprit en tant qu’éclat, éclat de conscience, éclat de spiritualité ne peut pas regarder l’absolu, c’est impossible. Tout le désir occupe la scène et il semble que ce désir soit légitime puisque toutes les femmes ont des enfants. Et c’est le premier piège.


Puisque les autres en ont et que c’est la nature, j’en voudrais aussi, mais cela est un piège. Ce n’est pas parce que cela est la loi pour les autres ou le destin des autres, que cela doit être ton destin. À partit du moment où tu as compris qu’engendrer est un acte de respect et de retour vis-à-vis de la nature et des autres âmes qui attendent pour s’incarner, tu comprends bien que le fait de devenir mère n’est pas si important que cela. C’est un devoir, mais ce n’est pas un moment de bien-être pour toi. Beaucoup de femmes confondent la joie d’être maman avec le devoir d’être maman. C’est parce qu’elles mélangent dans ce devoir un sentiment trop humain, qu’un beau jour elles ne savent plus être maman. Elles ne savent plus avoir la patience, ou elles ne savent plus s’investir et d’un coup, elles ne veulent plus les enfants.

Le devoir est quelque chose qui se fait depuis un véritable point d’amour, un amour mûr, un amour qui sait être responsable et qui donne chaque jour ce qu’il faut.Tandis que, si l’individu veut être père ou mère depuis un point sentimental, le devoir ne pourra pas être exécuté. Et l’on voit comme cela des couples devenir de très mauvais parents, parce qu’en fait, ils étaient saisis par un idéalisme trop primaire, ils n’étaient pas prêts pour le devoir d’être père ou d’être mère.Il y a une énorme différence entre la joie d’être parent et assumer le devoir parental. Tant que l’on confondra les deux, les gens de la terre ne sauront pas engendrer, ne sauront pas élever leurs enfants. Les parents qui engendrent pour la joie d’avoir des enfants peuvent se lasser très vite d’être parents, et très vite ils sentent leurs propres limites, et ils trouvent en eux uniquement l’enfant. Lorsque l’on met deux enfants face à face, il n’y a que des bagarres.

C’est ce qui se passe dans les familles, le père se dispute avec le fils, la fille avec la mère ou vice versa. Mais en fait, ce sont des batailles d’enfants. Si le père est une véritable autorité et s’il fait l’acte de paternité depuis un point de devoir, automatiquement l’enfant ressent l’autorité, une autorité qui est juste, qui est absolue, qui est pour son bien et il ne peut qu’obéir.Mais s’il voit qu’il doit obéir au père parce que telle est la loi du père, alors la plupart des enfants se révoltent contre ce père et contre cette loi, car d’un foyer à l’autre la loi est différente. Il y a le père qui invente que l’enfant ne doit pas se mettre à table après dix-neuf heures, ou que pour se mettre à table il doit se laver les mains, ou se tenir très droit, les mains sur la table, qu’il ne doit pas parler durant le repas.

Chaque famille va inventer ses propres lois et les enfants sentent très bien que ce sont des lois arbitraires, qui ne sont là, en fait, que pour créer plus de confort aux parents et non pas un milieu de vie pour la collectivité que représente la famille. C’est pour cela que face à cette tyrannie souvent l’enfant se rebelle et souvent tombe malade.On dit que c’est tout à fait normal que les enfants contractent toutes les maladies enfantines. C’est faux, rien n’est plus faux. Un enfant n’a pas à tomber malade. Jusqu’à l’âge de sept ans, plus que quiconque, il est adombré par un prâna que je qualifierais excessif tellement il en est entouré, et ensuite, même si ce prâna se déverse moins fort, il est de toute façon largement alimenté.

Donc, il n’y a aucune raison pour que l’enfant tombe malade et pourtant les enfants ont toutes sortes de maladies, pourquoi ?

C’est uniquement en réaction à un milieu familial qui n’est pas conçu d’après les lois cosmiques, mais d’après des lois arbitraires, la loi des parents qui veulent le confort ou qui veulent l’enfant comme ceci ou comme cela et le foyer rangé de telle ou telle manière.Bien sûr il faut un certain nombre de règles, mais ce que les parents doivent avoir à cœur, c’est de découvrir les véritables règles et non pas de les fabriquer pour avoir la paix ou pour avoir raison. On n’a jamais raison sur un enfant. L’enfant est quelque chose de puissamment, je ne dirais pas spirituel, mais disons pur, quel que soit ce qu’il ait fait en tant que réincarné d’une autre vie. Lorsqu’il revient et qu’il n’est qu’un enfant, il est puissamment pur.

C’est pour cela que l’enfance existe à chaque fois, parce qu’elle permet de revenir quelques années durant à un Éden et donc de se refaire quelques constructions plus propres, de se refaire des énergies un peu plus neuves, pour avoir l’occasion de réparer les fautes durant la vie adulte.Donc, on ne pourra jamais avoir raison sur un enfant et l’enfant est celui qui va sans arrêt montrer aux parents ce qui ne va pas chez eux. Et lorsqu’il ne pourra pas le dire, ou lorsqu’il ne pourra pas se révolter contre les parents, puisqu’il sait qu’il sera puni ou battu, il aura une maladie. Ne voyez pas dans cette maladie l’épidémie que l’on rencontre à l’école ou le fait de la nature. Non.

Je dirais que les enfants par leurs maladies enfantines purgent toutes les injustices des adultes, toutes les injustices qui viennent vers eux et ils s’en trouvent affaiblis dans leur corps éthérique. Étant affaibli, ils sont envahis par des maladies.Un enfant qui serait élevé dans les principes spirituels avec des parents équilibrés et de justice, cet enfant-là ne serait jamais malade. Il pourrait à l’occasion pour les besoins de son karma, purger quelques maux, mais cela ne passerait jamais par une maladie.Donc, il faut savoir que si les enfants de notre monde sont malades, c’est parce que les adultes pensent à tort et à travers, agissent à tort et à travers, ont des lois qui ne sont pas celles de la spiritualité. Et tout cela, comme un cancer préfabriqué dans la tête, attaque le monde des enfants et le corps éthérique des enfants. C’est comme cela aussi qu’un beau jour naît une génération d’individus complètement disloqués qui ne pense qu’à la révolution ou à la déchéance ou à ne rien faire.

Parce qu’à force de préfabriquer à ces enfants une coque sentimentale et mentale pleine d’erreurs, automatiquement un beau jour les enfants dignes de cette création vont naître et seront des monstres. C’est normal. Mais il faut savoir que les enfants qui naîtront en tant que monstres, monstres au niveau de la philosophie, du mental, des actions, ce ne sont ni plus ni moins que les anciens parents qui ont avec acharnement construit ces lois. Ce sont donc eux-mêmes qui viennent manger le plat qu’ils se sont préparé quelques générations avant.C’est pourquoi le monde est bien équilibré, croyez-moi.Lorsque l’on voit le karma se balancer d’une génération à l’autre, on s’aperçoit que tout est vraiment bien équilibré. Cependant l’homme n’a pas les yeux pour voir le balancement de ces poids et de ces mesures, alors il lui semble que son monde est triste et qu’il devient de plus en plus triste et lourd, alors qu’en fait le monde ne cherche qu’à se purifier, s’alléger.

Comme je l’ai dit tout à l’heure le véritable effort spirituel est à poser au niveau de la conception. Vous n’avez pas besoin de méditer pendant des heures, de vous forcer à cela, ou de prier pendant des heures, vous n’avez pas besoin d’aller chercher des Maîtres, des guides, des Saints. Ce que vous devez faire, c’est chez vous, à chaque instant d’essayer de développer la conception juste, l’idée juste. L’homme est une idée en formation et cette idée doit devenir de plus en plus divine.

On dit que l’homme est esprit, mais qu’est-ce que cela veut dire ?
Qu’est-ce que l’esprit, pouvez-vous me l’expliquer ?

Vous me posez des questions mais moi je vous en pose aussi, parce que vous inventez tellement de conceptions, que des fois je suis obligé de vous demander des explications à propos de ces inventions.

Donc vous dites : l’homme est esprit, Dieu est esprit, mais qu’est-ce que cela veut dire ?

Essayez un moment de supposer, d’intuitionner, de dessiner dans l’esprit, l’esprit. Vous vous apercevez que vous ne pouvez qu’abstraire, vous ne pouvez pas définir l’esprit.

Vous pouvez imaginer un nuage plus ou moins conscient, mais qu’est-ce qu’être conscient ?Définissez-moi, ressentez la conscience. Essayez de la sentir ?

Vous allez me dire, j’ai conscience d’être assis ici, j’ai conscience d’avoir chaud ou froid, mais la conscience je ne la sens pas, je ne sais pas ce que c’est.Alors employons un autre mot. Employons le mot idée. Tout le monde sait ce qu’est une idée, tout le monde peut appréhender, ressentir une idée, tout le monde a des idées à propos de tout, tout le monde sent les idées naître, se développer, soulever des sentiments, des émotions, faire palpiter même le cœur. Donc, tout le monde sait très bien ce qu’est une idée.Une idée, c’est donc l’interprétation que je fais d’une chose et qui dit interprétation, dit aussi que l’idée dans sa teneur va dépendre de moi, va dépendre de mon tempérament, de mon caractère, de mes expériences passées, de ma disponibilité en cet instant précis. Une idée c’est donc quelque chose qui est produit par une puissance créatrice qui est l’homme et cette production dépend de tout un passé et de tout un présent. Ce qui fait que si par exemple je pense à la mère, automatiquement je vais penser à la mère suivant la mère que j’ai eue, suivant la mère que j’espère ou que j’espérais, et suivant la mère idéale que la femme aspire à être, lorsqu’il s’agit de la femme.

Ce qui fait que l’idée de la mère n’est pas une idée pure, un concept pur. C’est une production qui vient du passé, qui est confronté à un présent et confronté à un idéal, un idéal qui représente pour celui qui pense le futur.Or, une idée qui est comme cela produite par le passé, le présent et le futur ne peut pas être une essence en elle-même.Les hommes sont remplis d’idées à propos de Dieu, de la politique, des idées à propos de la spiritualité, mais que sont les idées.Vous allez peut-être trouver que le sujet ne correspond pas à la spiritualité et pourtant je vous assure que oui, si vous avez la patience de m’écouter, vous verrez à quel point le monde de l’idée est un monde important, un monde primordial. Sans l’idée juste il n’y a pas l’attitude juste, il n’y a pas d’ouverture sur le Divin. Tout est dans la tête, dans la conception.

Qu’est-ce que le monde de l’idée ?

Le monde de l’idée est le monde de l’interprétation. Je suis dans un réseau intellectuel et un réseau de sens. Par ce réseau intellectuel et ce réseau de sens je vais dans le monde et je l’appréhende. Et mon appréhension, selon qu’elle sera agréable ou pas, va devenir pour moi une sorte de loi. Ce qui fait que je vais identifier le chaud au chaud et le froid au froid, mon voisin gentil à un voisin gentil et mon mauvais voisin à un mauvais voisin. De ce fait, petit à petit, il va se créer un comportement. Mon comportement n’est donc pas dû à mes planètes, n’est pas dû à mon caractère, mon comportement est dû à la somme des idées que j’ai créées, et ces idées sont dues à la somme des expériences que j’ai interprétées.Donc un homme n’est pas un homme, n’est pas un caractère, un tas d’humeurs.

Comment être un être authentique?

Un homme ne peut pas marcher sur le chemin de la spiritualité sans s’interroger à propos de sa psychologie, de travailler et de nettoyer au niveau de sa psychologie, parce qu’il va simplement nettoyer le monde de l’interprétation.La psychologie en tant que telle n’existe pas. Il n’y a pas Dieu qui a prévu un homme avec un conscient et un subconscient, avec une âme et une psychologie. La psychologie est quelque chose qui se fabrique par la somme des interprétations.Alors comment être un être authentique, riche à la fois de ses expériences pour pouvoir discerner dans chaque autre situation, tout en n’étant pas esclave de ses anciennes interprétations qui auront été pour un grand nombre fort utiles parce que menant au discernement.

Je dirais que dans ce cas-là, le comportement à suivre est un comportement de détachement. Ce que j’ai expérimenté et qui m’a fait aboutir à une interprétation, interprétation précieuse, je la garde en mémoire et elle me sert de référence lorsque je vais rencontrer de nouveau telle ou telle situation. Lorsque je suis face à la même situation et de nouveau face à la même conception, ce que je vais devoir faire, c’est faire référence au passé pour voir dans quelle mesure la situation présente y correspond. Et dans la mesure où elle y correspond à cent pour cent, je peux ressortir l’entier de mon information passée.

Mais si par hasard la situation présente n’a que cinquante pour cent de correspondance avec le passé, je ne devrais prendre dans mon information passée que les cinquante pour cent qui correspondent, et les autres cinquante pour cent sont une nouvelle expérience. C’est comme cela que l’on arrive à développer une interprétation pour la porter de son point le plus bas à son point le plus haut. Mais la plupart des hommes reviennent en bloc avec leur première interprétation. Ainsi les situations se répètent et jamais ils n’arrivent à pousser plus loin leurs comportements, leurs idées, leurs philosophies ou leurs interprétations. Et ainsi l’homme reste au même plan pendant toute une vie, plusieurs vies parfois.L’homme ne doit pas être attaché à ses idées même s’il est important de pouvoir faire référence à des expériences passées pour en retirer un discernement. Il ne doit pas être attaché à ses idées comme si ses idées étaient des bouées de sauvetage, que dans tel cas je sorte telle bouée parce que je me souviens de telle circonstance.

Là, nous venons d’évoquer un grand frein, un grand obstacle face à la spiritualité et à l’évolution, c’est la peur.Chaque fois que l’homme se trouve devant une situation, que ce soit la même que celle déjà vécue ou légèrement différente ou complètement nouvelle, face à elle il ne connaît que la peur. La peur de se tromper, la peur de ne pas réussir, la peur de passer pour un imbécile, la peur de risquer gros comme vous dites. Et dès que cette peur envahit l’individu, l’homme est coupé de tous ses moyens d’intelligence. C’est-à-dire que par cette vibration inférieure qu’est la peur, l’homme se coupe de toute la connexion qu’il pourrait avoir avec l’âme, l’intuition, l’inspiration et il se met à réfléchir uniquement avec la cervelle. Et si dans cette cervelle il y a des références par des expériences passées, l’homme va très vite contre-attaquer et s’il n’y a pas d’information, il va être terrorisé et va vite s’inventer un comportement.

La spiritualité c’est obtenir le comportement juste. Ce n’est ni chercher Dieu, ni trouver Dieu. Je l’ai dit si souvent et je le répète chaque fois, la spiritualité ce n’est pas aller vers Dieu. Dieu est déjà en lui-même, alors il se moque des hommes, il se moque de lui-même, il se moque de tout. Votre Dieu intérieur, vous-même, votre étincelle divine elle s’est déjà trouvée, elle est déjà elle-même.Donc il ne faut pas imaginer qu’il y a un pauvre homme qui court après Dieu, un Dieu qui se cache dans le fin fond de l’atome ou de l’univers. La spiritualité c’est découvrir le comportement juste et devenir une idée juste. C’est donc un travail de mesure, de découpage, un travail de pesée. Ce n’est pas un travail de dévotion, d’adoration, un travail de recherche puissante dans les livres et de stockage d’informations. Ce n’est pas un travail d’ascèse, ce n’est pas se mettre sur un bûcher pour devenir pur, ce n’est pas offrir sa vie à tous les malades et tous les pauvres.

Bien sûr, toutes ces choses sont belles, mais si on les fait uniquement pour aller vers Dieu alors on ne le rencontre pas. Lorsque l’on veut aider les hommes, il faut aider les hommes. Qu’est-ce que c’est que cette attitude égoïste, qu’est-ce que c’est que ce chantage spirituel, « regarde Dieu comme j’aide tes pauvres, comme cela, tu me donneras le paradis ». Quelle horreur ce comportement. Plus d’un disciple en est réduit à ce chantage. Ils pensent, plus j’en ferai pour les autres, plus Dieu me remarquera, plus la lumière augmentera, plus je serai protégé, c’est mon évolution qui est en jeu à travers mon service.Ce qui fait que de façons très égoïste et très noire le disciple se met à acheter Dieu avec le nombre de bonnes actions. Il n’y a rien de plus pitoyable que ce genre de comportement, ce genre de moralité, et il ne voit même pas à quel point il est mesquin en pensant et en faisant ces choses. Il pense, au contraire, gagner la faveur de Dieu ou être bien vu des Maîtres, ou mettre plus simplement du bon karma dans sa balance.

Mais comme le monde spirituel est le monde de l’idée et de l’intention, même si un homme use sa vie qu’à de bonnes actions apparentes, à partir du moment où son idée n’aura pas été fondamentalement la bonne et juste, il n’aura rien fait pour son évolution.Il y aura un certain karma qui lui sera rendu comme étant bon parce qu’il aura soulagé, mais cela ne lui apportera pas l’illumination et encore moins le regard du Maître. Au contraire, le Maître va l’enfoncer à l’endroit où le monde est le plus noir et ténébreux, où il y a le plus de problèmes pour que l’homme arrête de travailler pour lui-même, arrête de se servir des pauvres, des malades pour aller vers Dieu, et qu’il soit sensibilisé par cette misère extrême de certaines personnes afin que d’un seul coup l’homme serve l’homme que pour l’homme et qu’importe Dieu, qu’importe kundalini, qu’importe le salut. Je suis là au milieu des autres hommes et je les aide. Et c’est un acte d’amour et gratuit, il n’y a aucun chantage.

À partir du moment où le Maître voit dans l’acte du disciple cet éclat de compréhension, cette idée juste, ce sentiment juste, alors tout lui est accordé : la vision, la protection, le travail, les connexions, la dimension d’un destin. Tout devient possible parce qu’il entre dans une réalité.On ne peut pas entrer dans la réalité si on arrive comme des ânes chargés de mauvais sel et de mauvais savon. Il va falloir se débarrasser des marchandises. On ne peut pas ni acheter Dieu, ni acheter le ciel, il faut surtout que l’homme soit conscient de cette attitude. Beaucoup d’hommes agissent de la sorte et ne sont pas véritablement conscients.Si chaque homme pouvait véritablement se voir, s’analyser et analyser le fin fond de chaque motivation, il pourrait être son propre Maître. Il n’aurait ni besoin de guide, ni besoin de télépathe, ni de Sage, ni de Maître, il se corrigerait de lui-même.

Mais voilà, pour être capable d’une telle correction, il faut aussi être capable d’une grande humilité. Or, beaucoup d’hommes ne peuvent pas se corriger parce qu’ils ne veulent pas se voir mauvais, mesquin, bête, mal orienté. Ils veulent toujours avoir d’eux-mêmes une image qui les rassure, qui les rend beaux, qui leur donne l’impression de créer du karma positif. Alors ils mettent dans le cosmos des actions pour engendrer un karma positif comme ils mettent de l’argent à la banque pour les mauvais jours.Mais encore une fois, comme le monde de la spiritualité est le monde de l’idée, on ne peut donc jamais tromper ni les Dieux, ni les Maîtres, ni l’âme, car tant que l’idée n’est pas juste l’homme devra refaire le devoir.

Alors comment doit-on peser une idée pour que petit à petit elle devienne une idée juste ?

Parce qu’il est certain que la première idée que l’on aura ne sera pas forcément l’idée juste et si l’on n’a pas un Sage près de soi, ou si l’on n’a pas de livre ou de conseils philosophiques, on ne pourra pas orienter l’idée.

Comment orienter une idée ?

On va d’abord penser l’idée au lieu de la vivre tout simplement. Beaucoup de gens ne peuvent pas analyser leurs idées, leurs pensées parce qu’ils les vivent trop intensément. L’émotion se met de la partie et automatiquement l’homme dit : c’est mon idée, j’y crois et personne ne la changera. Cela devient un acte de foi.Ce qui va permettre à l’homme d’analyser sa pensée, c’est l’écart qu’il va créer entre la pensée et l’émotion suscitée par la pensée. Je ne dois donc jamais soulever l’émotion face à l’idée qui s’éveille et que j’entretiens. Je dois dissocier l’émotion de l’idée et ensuite je prends l’idée comme le plan d’une maison, comme si j’étais un architecte et je regarde les fondations de ce bâtiment qu’est l’idée. C’est là que j’observe la base, sur quelle base j’affirme ceci ou cela.

C’est à ce moment-là que l’homme va découvrir qu’en fait il n’a pas une idée neuve, d’aujourd’hui, mais que cette idée est venue à cause d’une expérience passée ou une expérience qui ressemblait à celle de maintenant. Il va découvrir qu’il n’est pas neuf face à la situation et qu’il est déjà fortement programmé, que son idée ne lui appartient pas, mais à tout son monde subconscient et son monde émotionnel, de sa mémoire. L’idée d’aujourd’hui n’est donc pas un acte d’intelligence comme il le croit, mais c’est un acte de la mémoire tout simplement.Je vais prendre un exemple tout simple, par exemple un chien qui attaque un homme. L’homme se fait mordre et il est vraiment blessé. Les années passent, il fonde une famille et l’enfant réclame un chien pour le foyer et le père dit non, je n’aime pas les chiens. L’enfant est obligé d’admettre ce verdict. Si le père a véritablement le réflexe d’analyser pourquoi le chien ne lui convient pas, il va découvrir qu’en fait il a engendré une crainte, une peur, uniquement à cause d’une morsure qu’il a expérimentée des années auparavant de la part d’un chien sans collier.

C’est un exemple très bête, très simple, mais c’est pourtant le style de construction que tous les hommes emploient pour décider si tel homme est bon ou si tel autre est mauvais, si telle idée est bonne ou si elle est mauvaise, si la spiritualité est ceci ou si elle est cela. Tout le monde emploie le même schéma de construction et c’est ce schéma-là qui doit cesser.Je ne peux pas avoir une idée qui soit un acte d’intelligence si mon idée est simplement créée par ma mémoire. Mon idée sera alors créée par l’intelligence ou mon émotion dont j’étais capable il y a dix ans, quinze ans ou vingt ans. Et entre-temps toute l’évolution acquise sera donc reniée, balayée.Ce qui fait que l’homme n’arrive pas à changer, c’est qu’il se réfère trop souvent à sa mémoire par peur du présent. Non pas parce qu’il sait que dans sa mémoire il y a le discernement, la bonne expérience qui le prépare à ceci ou à cela. C’est faux, ce prétexte-là est faux. C’est uniquement la peur.

Donc, tant qu’un homme n’est pas débarrassé de la peur, il ne peut pas concevoir une idée juste, il ne peut pas marcher vers la libération. Et s’il pense faire de la méditation ou faire du Yoga, il se trompe. Il met simplement du maquillage sur son visage pâle, mais il ne se découvre pas un nouveau visage. C’est faux.

Comment donc peser l’idée ?

Lorsque l’on aura fait référence ou lorsque l’on se sera souvenu de tout ce qui était dans la mémoire et qui préprogrammait l’idée qui a germé d’un coup, on va pouvoir être libre de l’interpréter à nouveau et avec l’identité que l’on a aujourd’hui en ce moment-ci. C’est comme cela que l’idée peut évoluer, que l’on peut se trouver en train de changer de comportement.

Comment analyser l’idée une fois que l’on est débarrassé de la marque du passé ?

Il va falloir prendre le pour et le contre de l’idée. C’est un fonctionnement très simple mais qui permet de dégager une grande puissance d’analyse, une grande sagesse.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que l’homme va s’apercevoir que si une idée peut avoir un pour et un contre, la réalité de l’idée va donc être au-delà de ce pour et de ce contre. Si une idée peut comporter un pour et un contre, c’est que ce n’est pas l’idée juste. Si par exemple j’imagine du froid et du chaud et que je les mélange, je n’aurai pas la température, le confort. Donc la température c’est ce qui va s’extraire de ce chaud et de ce froid, mais c’est au-delà du conflit entre le chaud et le froid et généralement c’est la synthèse des deux.Donc, pour obtenir l’idée juste, il ne suffit pas d’avoir un avis, d’avoir lu, d’être devenu ou considéré comme intelligent. Il faut pouvoir marquer la distance, dépouiller la mémoire, trouver la thèse et l’antithèse, et en changeant de dimension d’être capable de découvrir la synthèse. Cette synthèse ce n’est pas la réunion du pour et du contre comme si l’on mettait du blanc et du noir ensemble. Non. Réunir le pour et le contre c’est rester au niveau de la spéculation à propos du pour et du contre. La synthèse est quelque chose qui est au delà et qui va aboutir vers une grande illumination mentale au moment où vous allez pouvoir dépasser cette idée articulée en tant que dualité.

En fait, tout l’exercice mené au cours de la pensée dualiste n’a pour but que de vous amener à cette vision grandiose, c’est comme une illumination. Lorsque j’aurai épuisé l’activité cérébrale entre le plus et le moins et l’activité cérébrale n’est pas capable d’autre chose que la spéculation sur le plus et le moins, à ce moment-là je déclenche l’activité du mental supérieur et j’obtiens la vision de la chose. Je n’ai plus besoin d’analyser, je n’ai plus besoin de chercher à propos de l’idée, le voile se lève et je contemple l’idée, je contemple la réalité de l’idée.

Comment s’y prendre de manière plus concrète ?

Prenons un exemple, nous allons prendre l’amour parce qu’il est facile de démontrer le pour et le contre de l’amour.Si on analyse le pour et le contre on pourra remarquer que l’amour c’est pour se donner aux autres, tout pardonner, l’amour chrétien comme on le nomme si souvent. Et dans le contre on verra que l’amour chrétien est parfois ennuyeux parce qu’il n’est pas agréable de tendre l’autre joue à celui qui nous a frappés et que même le plus souvent c’est un manque d’intelligence que de lui tendre forcément l’autre joue.Ce qui fait que le disciple est perturbé parce qu’il ne sait pas ce qu’il doit faire entre l’amour chrétien absolu et l’intelligence qui le pousse en lui disant attention défends-toi, ne te laisse pas prendre, sois méfiant.

Ce qui fait que d’un seul coup l’amour devient pour lui un grand sujet à énigmes et il se trouve partagé entre de temps en temps des actes chrétiens où il va tout pardonner, tout admettre, ou il va se retourner et être en colère. Le disciple est généralement étiré entre ces deux comportements. Et lorsqu’il va se regarder dans la glace il va avoir honte de lui-même, c’est normal, et il va trouver que le chemin qui mène à Dieu est long et difficile.Les deux comportements sont délicats et sont difficiles parce que le disciple n’a pas réfléchi, il n’a pas réussi à obtenir l’idée juste.

Qu’est-ce que l’amour, as-tu réfléchi ?

Ou t’es-tu contenté de te rappeler que dans tel cas avec les bonnes gens il est facile d’être aimable et que dans un autre cas avec les mauvaises gens il faut se défendre, se replier, faire face et même contre-attaquer,Si tu penses de la sorte c’est que tu fais référence uniquement à tes expériences et tes expériences en tant qu’être fragile qui ne savait pas intelligencer le monde et assumer son statut d’humain.Maintenant réfléchis à propos de ce qu’est l’amour un tout petit instant et avant que je te réponde.

Qu’est-ce l’amour ?

Est-ce que c’est s’offrir corps et âme quoi qu’il arrive, quoi que l’on nous fasse ?Est-ce que c’est au contraire être conscient de la justice et de savoir frapper quand il faut, détruire quand il faut. À ce moment-là le disciple se retrouve face à une autre énigme, le discernement. Il se dit je serais amour lorsque j’aurais le discernement, lorsque je saurais voir qu’un tel est mauvais et que l’autre est bon.

Mais qui me dit que lorsque j’aurai le discernement ou lorsque je serai clairvoyant je saurai voir celui qui est mauvais et celui qui est bon ?

Cela veut dire que face à celui qui est mauvais tu ne seras pas amour, tu seras en autodéfense ou en attaque et en jugement, et que face à celui qui est bon tu seras tout miel, tu seras tout amour.Mais alors moi je te dis : savoir qui est en face de toi pourra te permettre de le juger, de prévoir ou de prévenir une situation, mais ce n’est pas cela qui te fera être amour, puisque vis-à-vis du méchant tu vas contre-attaquer.Donc le discernement n’est pas véritablement utile vis-à-vis de l’amour. La clairvoyance non plus. Ce n’est pas ce qui permet à l’homme d’être amour quand il le faut et contre-attaquer quand il le faut.L’amour c’est autre chose. Même un aveugle peut appliquer la loi d’amour, même le plus aveugle d’entre les hommes.

Comment cela se fait ?

Pour comprendre ce qu’est l’amour il faut se placer au-delà du monde de l’action, parce que c’est dans l’action qu’on va découvrir qu’il y a de mauvaises actions et que l’on va donc quelque fois être en danger et rencontrer de mauvaises gens. Le fait de rencontrer de mauvaises intentions cela appartient au monde de l’action. Il ne faut pas mélanger le monde de l’esprit et le monde de l’action.Autrement dit, tu peux être tout amour sans aucune condition, sans aucun jugement, sans avoir besoin de savoir qui est en face, parce que tu dois être amour vis-à-vis de l’esprit de l’autre. Et lorsque tu contempleras son action, tu seras simplement et sans réfléchir renvoyer la balle mais sans aucune intention, faire miroir, ou bien réparer la faute pour lui démontrer comment on agit sur la terre, car beaucoup de personnes font des erreurs par manque de conscience, manque de connaissance, automatisme, aveuglement. Les gens ne cherchent pas forcément et tout le temps à vous faire du mal. Beaucoup trop de disciple pensent que le monde est rempli de gens mauvais, que le monde est rempli de profanes et que le profane ne peut faire que de mauvaises choses.

Le monde est avant tout celui de l’action et il va y avoir des gens que vont agir avec conscience, analyse ou pas, et s’ils agissent sans conscience et analyse, ils vont commettre beaucoup d’erreurs, de mal et de préjudices.Il faut cesser d’identifier les hommes à leurs actions manquées, à leurs actions ratées. Il faut cesser d’identifier untel comme ayant mauvais caractère à cause d’une multitude d’actions ratées, il faut au contraire l’aider à obtenir la prochaine fois l’idée juste, l’action juste, et pour cela il faut lui expliquer et sitôt que la chose est expliquée il faut l’encourager à s’en souvenir.Par contre, si après avoir été mis au courant il recommence son erreur, alors il faut le corriger rudement, voir même l’exclure, jusqu’à ce que l’automatisme qui est en lui et qui le fait chaque fois refaire la même erreur, meure.

Donc, quelle est la part d’effort et d’ascèse juste dans la spiritualité ?

Cette part est uniquement au niveau de la conception, que ce soit la conception de l’amour ou la conception de Dieu. Il est très important de réfléchir à propos de Dieu. Je vais vous poser une question et vous allez y répondre mentalement.


Qui est Dieu pour vous ?

Pourquoi cherchez-vous Dieu ?

Qui vous a dit que Dieu existait ?

Qui a réussi à vous convaincre ?

Quelle pulsion, en vous, est là qui vous pousse à croire en Dieu, à chercher Dieu, à vouloir trouver Dieu ?
Comment peut-on chercher quelqu’un que l’on a jamais rencontré ?
Comment peut-on aimer quelqu’un que l’on a jamais vu ?
Comment peut-on dédier toute sa vie à quelqu’un que l’on a jamais ressenti, entendu ?

Voilà une étrange chose, et c’est le comportement des humains. Vous allez me répondre : « c’est la beauté et la grandeur de la foi. »D’accord, c’est ce que tous les débutants vont me répondre et moi je dis non. Ce n’est pas la beauté et la grandeur de la foi, absolument pas, ce n’est pas vrai, il ne faut pas me répondre cette chose-là. C’est encore une mesquinerie, c’est un aveuglement, car d’ici une demi-heure lorsque vous serez sur la route et que vous allez rencontrer un effroyable accident qui aura massacré toute une famille, vous allez vous demander : « mais qu’est-ce que Dieu faisait ». Tout le monde va à ce moment-là douter de la présence de Dieu, de l’efficacité de Dieu. Alors ne venez pas me dire que c’est par la foi que vous allez vers Dieu. Ne me dites pas ça s’il vous plaît.

Alors qu’elle est cette pulsion ?

Eh bien, d’abord, si vous acceptez ma parole, je vous dirais que toute pulsion vers la divinité, à la base, n’est qu’une pulsion de superstition, ce n’est pas un acte d’amour. Cela devient un acte d’amour lorsqu’un homme est capable de regarder un mourant et continuer à aimer Dieu sans se poser aucune question sur Dieu, même si c’est l’être le plus cher de votre vie qui est en train de mourir.Chaque fois qu’il y a la question, c’est que ce n’est pas un acte d’amour qui vous fait aller vers Dieu, mais bien une superstition.

Quelle est l’ampleur de cette superstition et pourquoi cette superstition existe-elle ?

Elle existe tout simplement parce que l’homme en tant qu’incarné, surtout l’homme de l’époque actuelle, est un être rempli d’inconscience pour l’instant. Ce qui fait qu’il va dépendre d’un certain nombre d’élans venus de son archétype spirituel, mais qui à force de passer à travers cet inconscient vont devenir plutôt des instincts que des inspirations.Ce qui fait qu’un élan parti de l’archétype spirituel en tombant dans toute l’épaisseur du sommeil de l’inconscience du disciple va se réveiller au peu de conscience dont est capable le disciple uniquement en tant qu’instinct et superstition. C’est le prix du sommeil malheureusement. Alors il faut se réveiller. Si l’on ne veut plus payer ce prix-là, il faut se réveiller et c’est quelque chose de très facile. Mais pour se réveiller, il faut accepter de changer de réalité. C’est un peu comme changer de pays, d’un coup il faut changer de maison, quitter le beau jardin, quitter de climat, quitter ce bon vieux portail qui grince lorsqu’on le pousse.

Toutes ces choses-là sont dures à quitter. Elles attachent l’homme parce qu’elles lui composent univers. L’homme n’aime pas quitter un univers pour aller vers un autre qu’il ne connaît pas et qu’il n’a pas encore construit. C’est là, où l’homme doit être capable, non pas d’un grand courage, je me dépouille d’un monde que je connais pour aller vers un que je ne connais pas. Ce n’est pas un acte de courage, je dirais que c’est simplement la volonté de survivre, parce que c’est un acte de survie, ce n’est pas autre chose.

Les hommes appelleront cela : faire un pas dans l’évolution, être détaché, être capable de quitter tel ou tel endroit ou telle ou telle personne. L’homme invente toujours toute une série de mots pour rien et en plus pour aboutir à une idée fausse. Ce n’est ni du détachement, ni du courage, c’est un être intelligent qui sait apprendre à survivre. Automatiquement en apprenant à survivre, il se dirige vers la vraie vie, une vie éternelle.

Comment se fait le pas vers cette vie ?

Il se fait en se déshabillant tout simplement. Il ne faut pas imaginer qu’aller vers la spiritualité c’est devoir chercher son maître, entrer en connexion avec son âme. Combien de disciples se posent jour et nuit cette question : comment entrer en contact avec mon âme ? Quels exercices me permettront de dialoguer avec mon âme, de ressentir, de voir mon âme ?Et le disciple s’enfonce encore dans cette illusion, ce cinéma intérieur, cet égocentrisme. Il a conclu que Dieu était trop loin, donc il ne cherche plus Dieu, alors il remplace un Dieu par un autre et il dit : je veux voir mon âme, je veux parler avec mon âme. Alors il fait de nombreux exercices pour ouvrir le chakra coronal ou pour ouvrir le chakra sacré, voir des étincelles, rencontrer la lumière et entendre l’âme lui dire bonjour.

Mais tout cela n’est que du cirque et surtout un très mauvais film.Être l’âme est un acte instantané, un acte absolu. Il n’est pas besoin de faire le poirier ou de se mettre sur un orteil, de ne manger que du riz complet, de ne plus parler à son voisin, de ne plus penser qu’à dieu, de ne plus toucher aux filles ou aux garçons ou de devenir un grand moine très saint qui parcourt les pays en difficulté pour soigner tous les lépreux.Encore une fois, je le répète, ce ne sont pas ces choses qui mènent à Dieu, et tout être qui fait ces choses pour aller vers Dieu est un voleur, un menteur, un maître chanteur. Il est pire que le profane qui dit à Dieu : Peut-être que tu existes, mais pour l’instant tu ne m’intéresses pas alors laisse-moi vivre. Rien n’est pire que de faire du chantage vis-à-vis de Dieu et de la loi.

Ces actes doivent être faits pour l’amour des autres, pour l’amour de celui qui souffre. Il ne faut pas mélanger les deux, car comme vous le dites vous-même dans ce cas là, qui fait l’ange fait la bête et quelque fois cette bête là porte une robe de cardinal ou des longs cheveux de prophète, ou des longues mains de guérisseur ou de guérisseuse, mais ce ne sont que des menteurs.Alors veillez à ne jamais être des menteurs. Personne ne vous juge. Lorsque vous faites quelque chose ou que vous dites quelque chose personne ne vous juge. C’est simplement la mesure de la loi qui vient dans la balance et qui cherche à peser. Tiens, telle pensée ou telle idée dans la balance ne fait pas le poids et l’homme doit donc de nouveau revenir en expérience.

Le monde de la spiritualité est un monde clos, ce n’est pas un monde extraverti, un monde ouvert sur le Maître, ouvert sur le cosmos, ouvert sur Dieu. Pas du tout, comprenez cela, même si je ne vous avais fait admettre que cela ce soir, j’aurai bien travaillé.Il n’est pas question de chercher et de trouver le Maître, de chercher et de trouver Dieu, de chercher et de trouver la lumière. La spiritualité est un monde intérieur, un monde clos, et comme on fait son lit on se couche. Vous-même avez inventé ce proverbe. Si je pense telle chose, je vais planter ce fruit et je vais devoir le manger.

Le problème pour le disciple va être de savoir reconnaître ses pensées et là est un grand moment d’humilité, un grand moment d’analyse, savoir reconnaître ses pensées, reconnaître ses motivations, reconnaître ses inclinations. Il lui faudra donc être authentique. Le disciple qui n’est pas authentique ne peut pas être ni un disciple, ni un serviteur, il ne faut pas se leurrer. Même s’il accomplit de grands services dans tous les hôpitaux, dans toutes les infirmeries, dans toutes les villes et les jardins du monde, il n’aura pas gagné un tout petit éclat de lumière. Au contraire il s’enfonce dans l’illusion.

Il faut donc se regarder, se regarder penser, se regarder agir et il faut être la juste mesure, le juste poids. C’est ce qu’on appelle son archétype, c’est ce qu’on appelle le moi supérieur et c’est ce moi supérieur qui fait le poids dans la balance qu’est la vie de l’homme. Et la personnalité qui est de l’autre côté, qui est sur l’autre plateau doit trouver le moyen de mettre le poids juste de façon à être en équilibre et par cet équilibre être en alignement avec ce moi supérieur. Et par cet alignement, être une synthèse.

Il n’est donc pas question d’une multitude de guides qui jugent, qui regardent, de Dieu qui juge qui regarde. La vie est une histoire d’homme, la vie est une affaire d’homme et la spiritualité reste une affaire d’homme elle aussi. Mais pour être une affaire d’homme, il faut que ce soit une affaire d’homme responsable, d’homme qui arrêté de rêver, de s’imaginer d’être couvé ou châtié par des Maîtres ou des Dieux. C’est toute l’enfance qui réagit comme cela. C’est l’enfant qui craint l’autorité du père ou de la mère. C’est l’enfant qui veut faire plaisir à papa et maman, c’est l’enfant qui cherche à être aimé par papa et maman, mais ce n’est pas l’homme.

Ce qui ne veut pas dire que lorsque l’on est devenu adulte, que ce soit dans la vie sociale ou dans la vie spirituelle, on se moque de l’existence de Dieu et l’on aime plus Dieu, on n’a plus à aimer Dieu parce que l’on est devenu grand. Non, je ne dis pas cela. Je dis simplement que lorsque l’on cesse d’être un enfant qui cherche à être aimé, de plaire à un Dieu et à craindre l’autorité d’un Dieu, on découvre la véritable identité de Dieu et l’on est plus que jamais capable de respecter ce Dieu, de servir et d’aimer ce Dieu. À ce moment-là, c’est les deux genoux à terre que l’homme regarde la lumière Dieu. Et en même temps qu’il a les deux genoux à terre, il est l’homme le plus libre, le plus indépendant par rapport cette lumière.Tiens ! Voilà un étrange paradoxe. Il a longtemps que je ne vous avais pas servis de paradoxe encombrant.
Il n’y a pas d’autre façon de vivre et d’être...

Et lorsque l’homme a compris qu’il faut arrêter de se battre avec les ombres, les illusions et les mirages, son esprit est libéré non seulement pour voir la lumière, mais pour être la lumière.On ne peut donc pas aller vers la spiritualité si l’on imagine qu’il y a le ciel en haut et la terre en bas, qu’il y a le bon Dieu en haut et la matière en bas, s’il y a les bons et les mauvais, s’il y a le chaud et le froid, toutes les initiations et tous les grades. On ne peut aller vers la spiritualité que si l’on s’arrête de penser à propos de la spiritualité.Tous les hommes ont des schémas plein la tête. Ils se font des schémas pour tout. Ils veulent devenir président, ils ont la recette ; premier ministre, ils ont la recette ; père dans un foyer, ils ont la recette. Et pourtant ces recettes ne veulent rien dire, la preuve c’est que vous êtes incapables d’en suivre les règles et vous vous plaignez sans arrêt que cette règle est trop dure ou impossible dans son application à cause de la société actuelle.

Beaucoup de monde réclame le soir à la porte du bon Dieu et dise : « Tu dis que pour te rejoindre il faut méditer. Mais moi en travaillant huit heures par jour je ne peux pas méditer. Le matin je ne suis pas assez réveillé et le soir je suis déjà endormi parce que je suis fatigué.

Alors comment veux-tu que je médite ? 

Si l’on imagine un Dieu qui aurait inventé cette loi, ce Dieu-là se trouve très embêté et il est tout à fait normal que ses enfants se rebellent. C’est normal, mauvais père, mauvais fils. Mais il se trouve que la vie, la loi, la réalité, toutes ces choses sont différentes. Dieu n’a pas dit : pour me rejoindre tu dois méditer pendant des heures, tu ne vas plus travailler qu’à temps partiel pour pouvoir méditer. Donc tu vas réduire ton salaire, donc tu donneras moins de nourriture à tes enfants. Et lorsque le père de famille fait le compte de tout ce dont il doit se priver et priver la famille au nom de Dieu, il trouve que ce Dieu est bien tyrannique et il l’abandonne.Non seulement tu peux travailler huit heures mais aussi dix heures par jour et tu peux en même temps cultiver la plus grande des spiritualités...

Comment cela se peut ?

Tout simplement en faisant de ton travail un acte de méditation, un acte de purification. Qui t’a dit que la méditation était toujours de s’asseoir dans un coin et penser à la lumière, à l’Éden et siroter de la plénitude comme d’autres sirotent du pastis ou du champagne.La méditation peut être un acte très productif. Cela peut donc appartenir complètement au monde concret, un mental concret et par une attitude mentale en plein éveil. Chose que les hommes combattent puisque la méditation c’est, il leur semble, entrer dans un autre état, entrer dans un état second. Mais ce n’est rien de tout cela.Entrer en méditation, c’est entrer dans une autre réalité. Ce n’est pas secouer le figuier jusqu’à ce que la figue de l’illumination tombe. Et pourtant c’est ce que font tous les méditants. Chaque jour ils secouent l’arbre, l’arbre de vie, jusqu’à ce que la pomme tombe et donne l’illumination. Mais le fruit ne tombe pas, le fruit n’est pas mûr et le disciple est déçu, et il critique cet arbre qui pourtant fait de son mieux.

Le problème n’est pas dans le fait que tu n’arrives pas à faire tomber la pomme de l’arbre. Le problème vient du fait que tu ne sais pas penser, tu ne sais pas ce qu’est la méditation, tu ne sais pas ce qu’est la conscience et que tu n’as vraiment pas réfléchi à ces choses et que tu acceptes tout ce que te disent les uns, les autres. Tu fais de tout cela une grande soupe qui ne te nourrit pas et tu deviens anémique.

Combien d’anémiques il y a dans la spiritualité, mon Dieu si vous saviez !
Combien de gens prient sans aucun globule rouge de ferveur, d’amour. Ma
is ils se disent il faut bien prier on ne sait jamais, je ne veux pas rater le wagon, je ne veux pas faire partie de ceux qui seront damnés. Pour ne pas être envoyé aux enfers je fais comme.Il y a plein d’anémiques et c’est normal, parce qu’ils ne mettent ni le cœur, ni la tête à la bonne place. Ils ont peur, peur de rater le train, peur de rater l’initiation, peur d’être ensevelis dans le vieux monde et ne pouvoir réapparaître que dans des millénaires. Peur, peur, toujours peur.

Mais tu as peur de quoi ?
Réfléchis. Si tu crois à la vie de l’esprit, tu crois forcément à l’immortalité !

Alors de quoi as-tu peur ?

De continuer à appartenir à l’ancien monde et que donc en fait, véritablement au fond de toi, tu n’es pas si sûr que la survie existe, tu n’es pas si sûr que la mort quelque part ne puisse pas agir, exister et t’emporter. Il y a un doute, un immense doute. Ce qui fait que même si tu combats en toi la peur de la mort du corps, tu soulèves en toi la peur de la mort de l’esprit et c’est normal. Tout simplement, n’ayant pas la bonne conception de la mort et en écoutant ce que te disent les autres qui ont eu des expériences et qui font des affirmations, tu te dis : le corps meurt mais en fait je me réincarne. Et comme cette affirmation n’est pas tout à fait la bonne affirmation, la bonne idée, alors la peur demeure et te transporte ailleurs à un endroit où tu ne peux pas encore bien juger les choses et le monde de l’esprit.
Alors, tu te mets à avoir peur du jugement, tu ne veux pas, surtout pas rester derrière lorsque l’on passera dans le nouveau monde, parce que tu as peur de ce sommeil qui risque de durer des siècles et qui va tomber sur toi, parce que pour toi c’est comme la mort.

Alors n’aie pas peur ni de l’ancien monde, ni du nouveau monde, ni du passage, ni du jugement. N’aie peur de rien et réfléchis comme il faut à propos de la mort. Tu verras que si tu réfléchis bien à propos de ce concept, que tu vas au fin fond de ton idée, tu n’auras plus peur, ni peur d’échouer en spiritualité, ni peur d’appartenir à l’ancien monde, ni peur de mourir sous les bombes s’il y a une guerre. Tu n’auras peur de rien, tu verras la vie et son mouvement et sa transformation.Les gens viennent à la spiritualité avec une somme immense de fantaisie et d’illusion. Tout d’abord, il vaut mieux aimer Dieu que de ne pas l’aimer au cas où il existerait. Ensuite, lorsque l’on est assez convaincu de son existence, il y a le jugement et le nouveau monde qui vient. Alors il ne faut pas rater le train, il faut faire les efforts qu’il faut, monter les vibrations, développer les chakras pour appartenir à la nouvelle vague et avoir la chance de voir le Messie, le grand événement du siècle, n’est-ce pas !

On a fait de ce Messie une véritable star, et l’on attend le Messie comme on attendrait une grande idole sur la terre. Mais quelle erreur et quelle bassesse dans les sentiments, dans cette idée. Monopoliser les foules dans l’espoir de voir le Messie, d’accueillir le Messie est une immense bassesse. Ce n’est pas un acte de libération, au contraire, c’est un acte de superstition. Exactement comme un sorcier de tribu dirait à tous ses concitoyens : demain il va le grand esprit va venir et vous juger tous. Alors devant chaque case vous aller déposer des offrandes pour que le grand esprit soit content et qu’il demeure dans votre tribu.C’est exactement le même comportement. Ce n’est pas parce que l’on va dire aux gens en présence des grands mots et parfois même des mots philosophiques que l’idée est plus évoluée que l’idée tribale. C’est la même. Simplement l’homme qui part en ville avec cravate et attaché caisse ne s’aperçoit pas toujours qu’il a un os en travers du nez ! Il préfère regarder simplement son attaché caisse et tout calculer avec sa machine à calculer ! Ouvrir son frigo et prendre un plat surgelé, ouvrir la télévision et regarder des films.

C’est une vie qui peut être comparée à une vie tribale. Celui de la tribu part aussi chaque matin dans la brousse gagner son pain. Il n’y va pas en cravate mais il y va avec la lance ou les flèches empoisonnées. Il y va chaque jour gagner son pain, comme l’homme blanc de la cité. Lui aussi chaque jour il va s’informer de la météo, il ira consulter le sorcier ou ses rhumatismes. Les deux hommes dans les mêmes cas vont faire les mêmes choses, poussés par les mêmes motivations, les mêmes désirs, les mêmes impératifs, les mêmes besoins, les mêmes peurs.Alors que tu sois en cravate ou en pagne, tu es toujours le même homme, tu es toujours le même fils de Dieu, rempli de peurs, parce que tu ne sais pas qui est véritablement Dieu. Alors comme tu ne le sais pas tu te l’inventes et comme tu es comme un enfant, tu te l’inventes rempli d’autorité, de principes, de lois. Il n’y a que toi qui fais la mesure, parce que toi, à toi seul, mais toi tout entier tu es Dieu.

Alors tu n’as pas besoin d’un Dieu au-dessus de la tête qui pèse et qui mesure et qui décide d’enterrer ou de ressusciter. Tu es ce Dieu-là. Apprends à comprendre cette chose et à voir cette évidence. S’il le faut je casserais l’image de Dieu pour que tu comprennes, quitte à ce que tu me prennes pour un infidèle, un parjure. Ça m’est égal ce que tu penses, que tu viennes vers moi pour me rouer de coups parce qu’il te semble que je suis l’enfant du diable plutôt que celui de la lumière. Je vais détruire ton Dieu de toutes les manières possible et tu seras scandalisé. Et plus tu seras scandalisé et plus ta mort commencera, la mort de ta bêtise, la mort de ta limite, et chaque fois que tu mourras, tu vas renaître. Mais pour que tu renaisses il faut que tu nous fasses confiance, même si dans les premiers moments tu as envie de nous étrangler à cause de ce que nous disons. Même si tu as un bandeau sur les yeux et que tu ne sais pas vraiment où on t’emmène, aie foi en nous, fais confiance, laisse-toi guider petit à petit.

Mais pour que l’on puisse te guider, il faut que tu acceptes de vivre sans idée et c’est un acte très difficile, car au début, pour vivre, l’homme se fait plein d’idées. C’est normal, il a besoin de savoir ce qui est bon, ce qui est mauvais, quel est le bon poisson et le mauvais champignon. Mais pour ensuite changer de dimension, changer de peau, il faut qu’il apprenne à marcher dans le vide, et un vide qui est mental. Souvent on parle du funambule lorsque l’on pense à un initié qui va vers son initiation. On dit marcher sur la corde raide, c’est l’image que l’on emploie.

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
Qu’est-ce que cette épreuve du vide ?
Est-ce pour impressionner l’esprit, pour voir s’il est encore capable de terreur, de peur, de doute ?

Non, ce n’est pas cela le symbole.Le vide représente le vide mental. Je me suis fait un grand nombre d’idées pour arriver jusqu’à cet instant où mon intelligence peut exister, mais elle ne peut exister que si elle renaît dans le vide mental. Donc, il faut que pendant un certain temps j’abandonne toutes les conceptions, toutes les idées et si j’en ai quelques-unes, il faut que je fasse l’effort de ne pas m’y attacher, de ne pas y croire, faire acte de foi.Dans ce vide mental, alors la vision de la réalité peut avoir lieu. Essayez de vous entraîner à ce vide mental. Ce n’est pas quelque chose de difficile. J’ai essayé en quelques mots de vous le décrire, mais je vais vous en dire un peu plus quant à la façon de l’obtenir.

Comment obtenir le vide mental, de façon à être une absolue ouverture et disponibilité pour regarder la réalité ?

Étrangement, car cela paraîtra étrange à plusieurs, le vide mental s’obtient par la purification des émotions. Par exemple, je ne peux aller vers la vision de Dieu, la vision de la réalité si donc je ne conçois plus rien à propos de ce qu’est Dieu et la lumière de Dieu. Mais pour ne plus rien concevoir à propos de ce qu’est Dieu, il ne faut plus que je sois émotionnellement agité par la peur de risquer la mort spirituelle, par la peur d’offenser un Dieu qui existe peut-être.Donc cela repose sur une purification qui est d’abord tout émotionnelle, la peur, et il faut que l’homme arrache hors de lui cette peur s’il veut avoir une chance non seulement d’évoluer, mais aussi simplement d’être un homme.

Ce qui le fait être la bête, c’est la peur, la peur de l’autre. On croit que les bandits sont des gens qui engendrent la peur. Mais en fait le bandit et l’assassin sont des êtres qui vivent dans une grande peur intérieure, énorme peur intérieure. Pour eux plus rien n’a de sens, de valeur, alors puisse que plus rien n’a de sens ni de valeur, ils sont capables de tout. Mais vivre sans le sens des valeurs cela conduit l’homme à une grande peur existentielle. C’est pour cela que le bandit est capable de tout, parce qu’il devient l’endroit de la peur la plus extrême, et cette peur se développe en horreur.Ce qui ne veut pas dire que j’excuse tous les bandits et tous les assassins. Je ne cherche pas là une excuse à leurs actes. J’essaie simplement de démontrer que si l’homme reste au niveau de ses peurs, il peut à n’importe quel moment devenir un coupable, étrangler la maîtresse qu’il choyait tant.

Comment cela se fait ?

Ce matin je t’aime passionnément, je te fais l’amour ardemment, et ce soir je t’étrangle. Vous allez me dire c’est la passion. C’est la passion d’accord, mais ce sont des réponses toutes faites que tu me donnes là.

Alors je te demande qu’est-ce que la passion ?

La passion est un sentiment qui naît uniquement lorsque l’on a peur de perdre, perdre la personne qui nous plaît. Donc la passion n’est pas cette grande ardeur d’un sentiment exubérant et extraverti. Non, pas du tout. On confond toujours passion avec le feu d’une émotion intense. La passion est un sentiment, un sentiment assez fort certes, mais qui vit conjointement avec la peur de perdre l’objet que l’on désire. Et automatiquement, cette peur va rendre le sentiment ténébreux et capable de tout. Car sitôt que l’on va se sentir dessaisi, on va vouloir revendiquer la possession de l’objet avec force, ou bien on sera capable de le détruire ; s’il n’est pas pour moi, il ne sera à personne.
La peur c’est ce qui fait que l’homme bien souvent sera capable de devenir un diable. On pense souvent au concept mauvais, le mal. On dit souvent l’homme peut être mauvais comme si le mal existait.

Mais qu’est-ce que le mal ?

Comme je vous l’ai dit : si le Dieu dont parlent les maîtres, le Dieu qui a construit toutes ces choses, si ce Dieu est un Dieu d’amour, il ne peut pas avoir inventé le mal, c’est impossible. Sinon, comme je l’ai dit si souvent, je serais le premier à me rebeller contre lui, à l’anéantir pour que vous soyez libres et heureux. Tous les Maîtres seraient contre lui. Donc le mal n’existe pas. Donc ce n’est pas la divinité ou la dualité du monde qui ont construit un mal pour éprouver les hommes, pour faire que les meilleurs gagnent.

Quel est ce jeu ?

Quel est ce Dieu qui prévoit que seuls les meilleurs pourront venir manger à sa table ?

Un Dieu d’amour ne fait pas de sélection. Sans cesse les hommes se contredisent, d’un côté ils croient en un Dieu très chrétien qui pardonne tout et qui monte sur la croix sans aucun problème et de l’autre il voit des jugements, des châtiments, des karmas.

Qu’est-ce que cette mayonnaise ?

Réfléchissez deux secondes et vous voyez bien que les choses ne vont pas comme cela. Alors arrêtez d’avaler des concepts mal formés et arrêtez d’en faire vos lois.

Comment interpréter la vie et la spiritualité ? Comment concevoir le bien et le mal et la position de l’homme face à ces deux énergies ?

Il faut comprendre que le bien et le mal, en tant que tel, n’existent pas dans l’univers. Il n’y a aucun maître, aucun Dieu, qui s’est creusé la cervelle pour inventer spécialement pour les hommes un bien et un mal afin de poivrer l’existence. Pas du tout. Alors laisse tomber ce concept, arrête d’éprouver que Dieu t’éprouve, arrête de trouver que Dieu met ceci ou cela comme test sur ton chemin.Donc, en imaginant plus qu’il y a un bien, un mal et des épreuves, tu élimines l’orgueil et tu deviens un homme de grande tempérance et à la juste vision. Comme quoi en éliminant un faux concept, on élimine en même temps tout une traînée de défauts, parce qu’un concept fait naître un grand nombre de comportements.

Donc qu’est-ce que le bien et le mal ?

S’il n’existe pas en tant que principe dans l’univers, il y a simplement deux énergies complémentaires de friction, et j’insiste là-dessus, pour engendrer le feu de la vie. Il y a d’un côté le moins et d’un côté le plus, mais cela ne veut pas dire que le plus est bon et que le moins est mauvais. Cela veut dire que leur charge électrique est différente. Comme un acuponcteur pourrait vous expliquer que dans le corps il y a une charge positive et une négative. Cela ne veut pas dire que le bras gauche est le mauvais bras et que le bras droit est le bon. C’est ce que l’homme construit comme schéma stupide lorsqu’il imagine qu’il y a le bon et le mauvais.Donc, les énergies avec une certaine différence, par leur friction, permettent le feu de la vie, toute l’histoire de l’univers et il faut respecter cet acte, ça oui, c’est le plus grand acte d’amour.

Maintenant ce qui va produire un homme bon ou un homme mauvais, ce n’est pas le fait qu’un aveugle va mal interpréter les énergies négatives, ou que un peu plus évolué il va bien interpréter les énergies positives. C’est être encore dans l’absurdité du raisonnement. Les énergies négatives n’emmènent pas forcément l’homme vers le mal, vers l’assassinat, le vol, le viol.

Quelle est donc la définition du mal ?

Essaie de chercher avant que je te réponde. Je ne suis pas là pour étendre les grands lignes de la philosophie et pour que tu repartes en te taillant, dans mon drap, un petit drap pour ta vie et ta maison. Au contraire, je suis là pour que tu te tisses ton propre drap, parce qu’on ne finit jamais de le tisser, il faut donc que tu commences un jour. Celui que tu emprunterais ne durerait pas. Alors commence à tisser ton drap, ton vêtement de gloire, celui dont parlait Jésus.

Qu’est donc que le mal ?

Le mal n’est pas une énergie en soi, un défaut en l’homme. Le mal est une résultante, un comportement qui jaillit hors de l’homme lorsqu’il est terrassé par la peur, toutes les peurs : la peur du lendemain, la peur de la mort, la peur de l’immensité du ciel, la peur de Dieu, la peur de soi et de vivre aussi. C’est la peur qui est à l’origine du mauvais comportement. C’est ce qui va faire que l’homme va s’orienter plus favorablement à être un bandit, un assassin, un voleur, un violeur ou un Saint homme. Le Saint homme est donc celui qui aura épuré sa peur.Au début il épure sa peur en ayant confiance en Dieu. Il va se dire Dieu m’aime, il me regarde, il me protège. Donc il évacue sa peur et la remplace par l’assurance que Dieu le regarde et que Dieu le protège.

Puis, il se développe et il voit bien, que non seulement pour lui-même mais aussi pour les autres, Dieu n’est pas toujours là, il a comme des absences. Tiens dans tel cas il n’a pas protégé untel. Dans un autre cas, il n’a pas protégé la nation, il accable certains continents qui en plus d’être affamés sont inondés. Alors on ne comprend plus Dieu et celui qui avait vécu quelques incarnations grâce à la foi inconditionnelle se met à douter et il se réveille un jour athée.Il est certain qu’il est plus intelligent qu’autrefois parce qu’il s’est défait d’une illusion encombrante, mais il n’est pas encore suffisamment pur pour voir la réalité. Ce qui fait que toutes ses incarnations intermédiaires sont très douloureuses à vivre, parce que l’homme est étiré entre deux mondes. Un monde qu’il ne veut plus parce que son intelligence est suffisamment développée pour ne plus accepter certaines choses, et un monde qu’il ne voit pas encore, qu’il ne peut même pas soupçonner. Alors il est simplement dans le vide, un vide intellectuel et métaphysique et c’est très bien.

Il ne faut pas avoir peur d’un monde qui quitte Dieu, qui renie Dieu. C’est très bien. Les mondes qui renient Dieu sont des mondes qui vont devenir meilleurs. Lorsque vous voyez des sociétés entières dirigées sur la base de l’athéisme, c’est très bien, c’est très favorable et c’est très bon.Ce qui ne veut pas dire que les mondes qui ont existé avant, les civilisations qui ont été érigées sur la religion étaient des mauvais mondes. Je dis tout simplement, autant que l’homme connaît une enfance, la collectivité qui est l’humanité ou une civilisation connaît aussi son enfance, et de façon collective donc, une nation, une civilisation ou une humanité va passer par l’adoration pour avoir moins peur.

Le pas qui suit cette adoration est donc un pas de reniement. Je ne crois plus en Dieu parce que Dieu n’est pas si présent que ça. Dieu ne paraît pas vouloir aider les hommes, au contraire il les accable. Alors je ne peux pas croire en lui.En fait, dès que l’homme doute de Dieu, il prépare sont individualité à exister. Dès qu’il renie Dieu, il prépare sa force à exister et plus que jamais il est en train de devenir la divinité. Parce qu’il n’est plus quelqu’un d’étranger, d’extérieur qui croit en un Dieu à l’extérieur, il commence à faire référence à sa propre force, à sa propre victoire, à sa propre capacité à être debout et de lutter.

À partir du moment où ses énergies se mettent en place, sa divinité commence à s’ouvrir. Et il ne passe pas beaucoup d’incarnations dans l’athéisme, car très vite l’âme en fait peut mettre la main sur cette personnalité, c’est très facile. Si Dieu n’existe plus alors Dieu peut exister. Mais il faut pour cela que l’ancien Dieu, celui de l’adoration soit brûlé, comme on brûle les épouvantails lors des grands feux de joie.C’est cela que vous devez faire dans l’esprit. Ce n’est pas venir m’écouter et repartir avec plein d’informations. Ce n’est pas méditer sur votre chakra sacré ou sur votre plexus cardiaque. Ce n’est pas monter kundalini, ce n’est pas courir en Inde pour trouver un gourou, ce n’est pas méditer pendant des heures, ce n’est pas prier pendant des heures. Ce n’est pas regarder une lumière bleue au centre de la tête et la voir exploser pour être illuminé.Évoluer c’est brûler tous les épouvantails, même celui de Dieu qui est le plus tenace et qui tient le plus longtemps.

Pourquoi ?

Parce qu’il est le fantôme que Dieu permet aux hommes de s’inventer afin qu’ils n’aient pas trop peur dans les ténèbres, pour qu’ils aient une petite lanterne pour sortir de la matière.Mais cela ne veut pas dire, parce que Dieu le permet, que la lanterne est la lumière de Dieu. À un moment donné il faut savoir quitter la lanterne, souffler la bougie et peu à peu les yeux vont s’ouvrir à la véritable lumière. Mais pour que les yeux s’ouvrent, les véritables yeux s’ouvrent, il faut que les faux yeux se soient fermés. Il s’agit donc là, de changer de dimension. Et comme je l’ai dit tout à l’heure, il n’est pas facile de quitter un monde que l’on connaît pour aller vers un monde dont on ne soupçonne encore rien. Et pourtant cet acte absolu de mort et de renaissances est le seul acte qui vous permettra de vous dire : je suis spirituel, j’ai fait quelque chose de spirituel dans ma vie.Si on n’accepte pas de mourir, on ne fait rien de spirituel.

Je vous ai parlé beaucoup et de façon générale sur des concepts purement philosophiques et je n’aime pas parler uniquement de philosophie sans faire de rapport avec la vie au quotidien. C’est donc en analysant maintenant les applications d’un tel état d’esprit dans la vie au quotidien que je vais vous quitter.

Si d’un seul coup vous reniez Dieu, le Dieu dans lequel on croit, le Dieu que l’on aime, qu’allez-vous être demain ?

Celui qui n’a pas d’imagination va croire qu’il deviendra un être vide où simplement gagner sa vie deviendra l’acte quotidien, aller voir la famille, parler aux voisins. Il faut aussi un peu d’imagination en spiritualité, parce qu’avant que l’on découvre véritablement la lumière, l’imaginaire c’est ce qui permet plus ou moins de fermer l’endroit où l’on va et lorsque l’imaginaire est suffisamment élevé, on l’appelle alors inspiration, intuition.

Si demain vous êtes sans Dieu, que serez-vous dans la rue, face à celui qui est pauvre, qui est triste, face à vous-même, face à l’avenir ? Est-ce que vous allez devenir triste et froid sans aucun intérêt ?

C’est ce que l’homme sans intuition va conclure. Alors je te propose de réveiller un peu ton intuition.

Si le Dieu d’hier meurt, comment vas-tu improviser ta vie de demain ?

Tu vas pouvoir me dire : avec un Dieu que j’airai imaginé d’une meilleure manière. Certains me diront cela parce qu’ils ne seront pas capables d’autre chose. Et c’est ce qu’ils font si souvent dans la spiritualité. Beaucoup de disciples se moquent des bonnes sœurs et des curés, mais en fait ils sont tout autant bonne sœur et curé lorsqu’ils se mettent à méditer et qu’ils prient Dieu pour qu’il leur montre le chemin, avoir telle ou telle place dans le travail, pour ceci ou pour cela. Et ils le font de manière très scientifique parce qu’ils ne font pas la prière du curé ou de la bonne sœur, ils font, eux, des visualisations. Et l’on retrouve encore le ridicule de l’homme avec l’attaché-case et l’homme de la tribu avec l’os dans le nez.

C’est la même chose. D’accord, tu visualises, mais tu fais les mêmes choses, tu réclames les mêmes choses, ton intention est la même, ta peur est la même. Alors ne viens pas me dire avec des nouvelles techniques que ton Dieu est meilleur, que ta démarche est plus élevée. Non. Non pas du tout. Tu marches toujours dans des chaussures aussi étroites même si elles ont un beau vernis.Tu ne voulais plus des sabots, tu trouvais ça laid, mais des chaussures plus étroites c’est peut-être un peu plus beau, mais ça fait un peu plus souffrir. Ce qui fait que lorsque tu fais tes visualisations, tu es très étonné qu’aucune n’arrive, qu’aucune ne s’exécute. Tu te dis : les curés prient et ils n’obtiennent rien, moi je visualise et je n’obtiens rien. 

Qu’est-ce qu’il faut faire alors, comment s’y prendre ?

Cela veut dire donc que dès demain, si tu es un être sans Dieu, ton devoir sera d’être Dieu tout simplement. Si je te dis : sois sans Dieu, cela ne veut pas dire : sois sans rien. Cela veut dire : sois Dieu.Dans le concept, tu ne dois pas faire de Dieu une valise de voyage, une couverture de protection, une chaumière où aller s’abriter, une corne d’abondance dans laquelle aller puiser de l’or, de l’argent. Tu dois être Dieu. Et à partir du moment où tu es Dieu, alors Dieu existe pour les autres sur la terre, et toi tu deviens la corne d’abondance, la chaumière qui abrite.Alors je vais te dire cette vérité, tu l’acceptes ou tu la refuses.
En tant que Dieu, Dieu n’existe pas. C’est pourquoi je t’ai dit si souvent : ne crois plus en Dieu, il n’existe pas. Sois Dieu, et de cette manière il va exister sur la terre, il va être incarné par toi sur la terre pour tous les autres hommes. C’est là que Dieu existe, c’est le moment où l’homme ne croit plus en Dieu que Dieu existe. Il permet donc à ce moment-là à chaque homme d’approcher Dieu, de toucher Dieu, d’embrasser Dieu, d’être aimé, d’être regardé par Dieu.

Il faut que dans ton esprit tu arraches cette conception que Dieu est comme une grande aura autour de la terre et qu’il tient compte de tout, qu’il comptabilise tout, qu’il est le début et la fin de quelque chose.Dieu est celui qui s’est endormi dans la matière. Il n’est donc plus au ciel et depuis longtemps, très longtemps. Il ne peut pas être partout à la fois, quoi que tu en penses. Il ne peut pas être un petit bout au ciel pour être Dieu le père, et être un petit bout dans la matière pour être tous les hommes et tout ce qui existe. Ou il est au ciel, ou il est dans la matière, ou il est nulle part.

Alors, tout ce que l’on t’enseigne veut dire quoi ?
Toutes ces théories à propos de la divinité, cela veut dire quoi ?

Cela veut dire que dans le cosmos il y a une différence entre eux. Parler de Dieu et parler des composants de Dieu et lorsque tu t’instruis à propos de l’ésotérisme, tu ne t’instruis pas à propos de Dieu, mais de ses composants. Tu t’instruis à propos d’entités qui sont parvenues à un certain stade d’évolution pour incarner tel ou tel aspect de l’esprit de Dieu et le rayonner. Mais cela ne veut pas dire que Dieu est telle ou telle entité. Que Dieu est descendu pour être l’Archange Gabriel ou Michaël. C’est tout le contraire. C’est l’Archange Gabriel, qui parce qu’il est l’Archange Gabriel, permet à la part de lumière, qui passe hors de lui, de passer à travers lui et qui permet à d’autres hommes d’être bénits, protégés, surveillés.

Lorsque l’on se trouve dans le cosmos, il faut donc penser que le Dieu que tous les hommes cherchent est un Dieu qui dort et non pas un Dieu qui fait ses comptes à Shamballa. Ceux qui font les comptes à Shamballa sont les Maîtres et les Koumaras. Ce sont des êtres qui ont évolué, qui sont devenus la divinité bien sûr, mais ce sont des êtres...

Donc, il est Dieu, il est véritablement Dieu et à partir du moment où il commence à exister, il faut le louer. Il est bon de le louer et on se sent bien en le louant. Mais il faut que la prière soit un acte introverti et pas extraverti vers un Dieu là-bas, au fond, à l’extérieur. C’est pour cela vois-tu que tes prières ne fonctionnent pas, que tes visualisations ne fonctionnent pas parce que tu visualises à l’extérieur, tu crées à l’extérieur.

Mais à l’extérieur, il y a quoi ?

Il n’y a qu’un Dieu qui dort.

Il y a un grand nombre de guides et de maîtres, c’est certain, mais ils ne peuvent pas répondre à toutes tes prières dans la mesure où elles viennent de l’illusion et du sommeil. Par contre tous les guides et les maîtres pourront satisfaire toutes tes prières à partir du moment où la prière va s’élever à l’intérieur et non plus jaillir à l’extérieur. Dès que le guide va voir cette lumière monter à l’intérieur il va dire : celui-là a compris, sa vie s’est réveillée, son pouvoir créateur commence à bouger, il est une lumière. Alors en tant que lumière il va pouvoir attraper ce qu’on lui envoie, il va pouvoir garder les choses et trouver son destin.Avant cela, il n’y a aucun moyen d’évoluer. Si vous pouviez admettre ce principe, dès demain vous pourriez travailler avec liberté, non seulement à la spiritualité, mais aussi à des travaux simples comme exercer votre métier. Et exercer votre métier devient un grand acte d’évolution, parce que vous repérez chaque chose comme étant des dépassements, dépassements sur la peur, sur les limites, des inconsciences, des automatismes, des ignorances.

Ce qui fait que, comme sous l’effet d’une baguette magique, le monde se transforme en une vaste école initiatique. Alors que pour l’instant vous êtes à revendiquer auprès des Maîtres que votre métier ne vous plaît pas, qu’il vous encombre parce qu’il vous prend huit heures par jour et que de ce fait, vous ne pouvez pas méditer. Vous vous plaignez du fait que votre métier est un métier profane qui n’aboutit à rien.Même si Dieu s’incarnait dans toute sa splendeur et sa divinité, il ferait comme vous. Il cultiverait la terre pour avoir des fruits, il élèverait des enfants, il deviendrait maître d’école ou boulanger et il serait joyeux de faire ces choses. Il dirait : je cultive ma terre, j’instruis mes enfants, je fais du pain pour mes enfants.

Alors que le boulanger d’aujourd’hui se dit : si je n’ai pas vendu tant de pains je n’aurai pas argent pour partir en vacances. Et s’il devient un peu spirituel, il se languit de quitter le four pour aller méditer, et chaque fois qu’il revient au four il se plaint que Dieu a inventé une société, une société contraire à l’évolution spirituelle, à la vie au monastère. C’est faux.Alors laisse tomber toutes ces interprétations qui ne t’amènent rien du tout et qui coupent ton pouvoir créateur, et fais de chaque chose un moment initiatique. Tu peux rendre chaque instant initiatique en ne pensant plus que Dieu est loin à l’extérieur, hors de toi, mais en plaçant Dieu à l’intérieur de toi et en ayant souci de le voir mûrir, de le voir se réveiller de nouveau et de participer pleinement à ce réveil.

Tant que tu penses que Dieu est à l’extérieur, tu vas te sentir le droit de tout faire et tu diras : Seigneur pardonne-moi, mais tu sais j’ai encore ce défaut, ou j’aime encore faire telle ou telle chose. Ne regarde pas trop, ferme les yeux quand tu me vois faire telle ou telle chose.Alors que si tu arrêtes d’imaginer un Dieu qui est dehors et que tu deviens conscient d’un Dieu qui est en toi, comme lorsque tu portes un enfant dans le ventre, à ce moment-là, tout ce que tu fais, tu ne le fais pas à l’encontre de la loi de Dieu et du plaisir de Dieu, mais tu le fais à l’encontre de toi-même, et en le faisant tu t’alourdis, tu t’empêches la vision, tu t’empêches le bonheur, tu t’empêches la liberté.

C’est alors que tu t’aperçois que tu n’as plus rien à reprocher à Dieu et que tu n’as qu’une chose à faire, c’est te prendre en mains, te lever, te bouger, te discipliner, te raisonner, t’analyser et décider non pas d’être chaque jour un meilleur homme. On s’en moque des gens qui deviennent mieux, il n’y a pas plus prétentieux qu’un homme qui devient meilleur de jour en jour. Il devient tellement meilleur qu’un jour il devient abominable.Ce que nous voulons, c’est des hommes libres, de plus en plus libres. Libre face à un ennemi qui te vole, libre face à un ennemi qui te donne des coups, libre face à un ennemi qui t’insulte.
C’est ça la spiritualité. Ce n’est pas recevoir les coups, les insultes, les vols et puis dire à Dieu : je lui ai pardonné. Alors prends-moi dans ton éden quand je passerai de l’autre côté. Non, c’est être libre face à l’insulte, face aux coups, face au vol. Ce n’est pas se sentir volé, ce n’est pas se sentir insulté. Automatiquement on vit une vie qui est sans limite.

Untel m’a pris de l’argent, bien sûr je n’ai plus de quoi manger à cause de cela et pour plusieurs jours je n’ai vraiment rien à me mettre sous la dent. Cependant, si je ne me sens pas volé, si je considère simplement que l’autre a pris de l’argent et que je ne me considère pas volé, je ne vais pas être dans l’angoisse, la peur, la colère, sentir l’injustice et reprocher à Dieu que des hommes tels que lui existent et qu’il n’y ait pas une loi sociale capable d’éviter de telle action. Par une simple attitude mentale, je vais éviter toutes ces émotions, toutes ces pensées, toutes ces revendications. Si je ne me sens pas volé, mais que je constate que de l’argent m’a été pris, je suis libre, mes émotions sont belles, elles ne tombent pas dans le sentiment d’être agressé, d’être volé, elles restent en l’air comme si rien ne s’était passé.

Libre comme un aigle qui vole en altitude. Libre. Et du fait que je suis libre la compensation va venir sur moi. Mais bien sûr l’argent va me manquer, mais je vais trouver un ami qui va me donner tous les repas qu’il faut, et cela vaut bien tout l’argent du monde, parce que de l’or c’est l’amour qui rayonne. Lorsque l’on mange à deux, c’est bien mieux que de manger tout seul.Lorsque Dieu essaie de compenser les choses, l’homme s’attend toujours à voir revenir ce qu’il a perdu et il ne comprend pas que dans la compensation qui lui est faite, c’est un mieux qui lui est apporté. Par exemple celui qui est volé s’attend à ce qu’on lui rende de l’argent ou s’attend à ce qu’on le fasse gagner dans une loterie. Tout ce qu’il veut voir revenir c’est de l’argent et il sera mécontent de voir venir vers lui simplement un ami qui l’invite pour une semaine à manger et à dormir.

Pourquoi il en sera mécontent ?

Tout simplement parce qu’il ne sera pas capable de voir qu’un objet qui lui est pris soit remplacé par de l’amour qui lui est donné et qui vient d’un cœur vivant qui est porté par son ami qui vient vers lui. Il préfère cet argent mort, parce que c’est son argent. On lui a pris son argent, il faut qu’on lui rende son argent.Alors que cet acte plein de vie, plein d’amour et qui sort d’un homme vivant, il le refuse. Parce que ce n’est pas de l’argent, c’est de l’amour, alors l’amour on y pense après lorsque l’on a été dédommagé. Et pourtant Dieu dédommage d’une manière différente, il dédommage avec l’amour.Alors sachez reconnaître les cadeaux de Dieu et les accepter. Ce ne sont pas forcément des cadeaux d’argent, des cadeaux matériels, mais ce sont toujours des cadeaux d’amour qui passent par des êtres vivants, des cœurs vibrants. Prenez-les, et vous verrez qu’en n’étant plus sensible à cette note d’amour, vous allez remarquer davantage tous les cadeaux que vous fait le ciel au cours de votre vie.

Pour l’instant vous trouvez que cela sort du bon cœur de monsieur ou de madame et vous ne voyez pas le doigt de Dieu derrière. C’est 
dommage, parce qu’à force de prier un Dieu qui est dehors et qui n’existe pas et ne pas voir un Dieu qui est dedans et qui sort des autres pour aller vers vous, vous allez finir de vivre sans Dieu et être triste, tout seul et abandonné.
Donc, en apprenant à voir un Dieu dedans, vous le verrez aussi en chaque homme. Et chaque fois qu’un homme fera quelque chose pour vous, vous verrez Dieu en action et ce Dieu-là, oui, il est vivant et vous pouvez le remercier.

Alors dès demain, comment vous allez vivre ?

Vous allez vivre de manière simple, la simplicité avant tout. Je ne pense plus rien à propos de Dieu, mais je pense à celui qui est à l’intérieur et je le porte comme une femme porte un enfant, et par mes actions, par mes pensées, par mes transformations, par mes lâcher prises, je favorise l’éveil de Dieu en moi. Et lorsqu’il sera suffisamment éveillé, il occupera toute la place qui pour l’instant est ma personnalité et il me remplira de son bonheur et de sa lumière.

Ce qui fait que tout ce que je lui aurai donné, il va me le rendre. Tout ce que j’aurai fait pour l’éveiller il va me le rendre au centuple, parce qu’étant réveillé il va me remplir de plénitude et immortalité. C’est cela que Jésus exprimait lorsqu’il disait : n’épargne pas sur la terre mais dans les hauts du ciel. Tout simplement parce qu’il faut apprendre à cultiver le réveil de Dieu. Toute cette phrase devient claire lorsque l’on comprend qu’il faut cultiver le réveil de Dieu.Alors elle reste dans la dualité si l’on pense que Jésus exprimait cela dans le but de faire de bonnes actions, ou pour avoir un bon karma. À ce moment-là la parole de Jésus ne fait qu’enfoncer l’individu dans la dualité.

Si tu veux interpréter Jésus au niveau où Jésus parlait, mets-toi toujours au-dessus de la vérité, et lorsqu’il dit épargner dans le ciel, il ne dit pas faites de bonnes actions, il dit respectez-vous, de ce fait aussi respectez les autres, disciplinez-vous, ne jugez personne, soyez propre et automatiquement la divinité se réveillera. C’est cela épargner dans le ciel, par des actions, un comportement, des attitudes vous favorisez le réveil de Dieu.Toi seul peux créer le réveil de Dieu. Aucun chakra même ouvert de façon béante ne pourra favoriser le réveil de Dieu. Non. Si tu dilates ton chakra, prenons par exemple ton plexus cardiaque, si par des exercices tu dilates ce chakra en pensant que là il y a l’esprit de Dieu, et bien tout ce que tu auras la possibilité de faire, c’est des dédoublements plus facilement, mais tu ne verras pas la lumière de Dieu.

Donc, ne te perds pas dans des jeux techniques et ne fais pas tout bêtement l’homme de la tribu qui s’est développé et qui porte aujourd’hui cravate et attaché-case. Simplement renie toutes les idées qui te portent à l’extérieur et sois plus conscient de porter Dieu. Si tu es conscient de porter Dieu, tu vas assumer le devoir de le porter, de le former, de le réveiller. Et tout ce que tu fais pour lui, il le fera pour toi au moment où il sera de nouveau réveillé.C’est un instant qui ne saurait tarder si tu bouges dès aujourd’hui. C’est un instant qui attend tout le monde, il n’y a pas d’exception. La seule exception serait : est-ce que je vais me responsabiliser, est-ce que je vais devenir un disciple, ou est-ce que je vais avoir simplement de la superstition, avoir peur de ne pas être parmi les élus et faire de temps en temps ma prière, ma méditation et mes bonnes actions.

C’est à toi de faire le choix, il doit être fait de façon instantanée. Tu n’as pas besoin de mesurer l’ampleur de tes désirs, de ton investissement en spiritualité, de ton attachement encore à la matière. Moque-toi de toutes ces choses. Même si tu es très attaché au sexe (oh ! ce n’est pas bien !) cet immense sexe qui t’occupe tout l’esprit, fais ton choix. Chaque fois que tu vas permettre à Dieu de se réveiller en toi, il va t’aider à résoudre ton problème de sexe, ton attachement au sexe. C’est lui qui va t’aider, qui va répartir les énergies, c’est lui qui va te montrer que le sexe ce n’est pas tout, ce n’est pas ce que tu crois. C’est lui qui va faire en sorte que cette énergie soit employée à autre chose.

Alors que pour l’instant, si tu mets Dieu dehors, tu te trouves tout seul avec ton sexe qui grossit et avec lequel tu ne sais que faire et tu as honte, tu veux le cacher pour que Dieu ne le voie pas, et tu te dis qu’il est bien dur d’être disciple. N’aie pas honte de ton sexe, il est beau, il est la nature. Il est ce que les Dieux ont créé.Pourquoi les Dieux auraient-ils créé une chose honteuse que tu devrais cacher. Il est beau, il est la nature, n’aie pas peur. La honte est aussi une autre peur, la peur d’être laid, d’être vilain, d’être inférieur. Mais sois inférieur et tant pis. Tu es un obsédé sexuel, eh bien tant pis et aime Dieu en même temps, et Dieu va t’aider grâce à cet amour. Il va t’aider à ne plus être un obsédé sexuel.

Tandis que si tu as honte parce que tu imagines un Dieu extérieur qui te juge, alors Dieu ne peut pas t’aider, c’est impossible, parce qu’il y a que ton propre jugement qui retombe sur toi et qui amplifie ton sexe jusqu’à ce qu’il devienne un sexe si immense que tu ne penses plus et vois plus que lui.Pour éviter donc toutes ces exagérations, dès le départ, aie une pensée juste. Peu importe qui tu es, peu importe ce que tu fais, ne te juge pas toi-même. Essaie chaque fois de faire du mieux que tu es capable. Essaie chaque fois de réveiller cette divinité en faisant le mieux de ce que tu es capable. Et petit à petit, tu vas pouvoir compter sur cette force divine que tu éveilles en toi. Alors que pour l’instant tu ne peux compter sur rien du tout, même pas sur la protection des anges, la preuve, c’est que tu risques d’attraper le sida, la syphilis, des pustules partout sur ton corps.Donc, pour être non seulement protégé et pouvoir compter sur une force qui t’aide et qui va pouvoir te rénover, réveille ce Dieu intérieur et pour le réveiller il faut simplement savoir qu’il est à l’intérieur. C’est une question de conception.

Donc dès demain qu’est-ce que tu vas faire ?

En te levant, tu vas te rappeler que Dieu dort en toi comme un fœtus et chaque fois que tu vas faire quelque chose que je qualifierais de divin, de spirituel comme une bonne pensée, une bonne action, un détachement, une élévation, chaque fois tu vas réveiller ce fœtus. Et de réveil en réveil, il va devenir un homme qui prendra ta place et à ce moment-là, l’un comme l’autre vous allez vous unir et il ne restera plus qu’un Dieu, plus aucune trace de celui qui était un homme. On ne verra que des illusions auxquelles on croyait autrefois. Plus aucune trace, car tu n’as jamais été un homme. Tu es simplement un Dieu qui s’est oublié et qui croit à tous les cauchemars qu’il est en train de faire.

Donc, mon premier devoir vis-à-vis de toi qui es Dieu et que j’aime, car je n’en aime pas un autre. Je n’aime pas un Dieu qui est sur la table de mon rituel, je n’aime pas un Dieu qui est dans la flamme du cosmos, j’aime le Dieu qui est toi sur cette planète, qui est prisonnier, qui fait la guerre, qui tremble et qui viole. C’est toi que je viens sauver.C’est à toi que je dis : rappelle-toi de temps en temps à ne pas croire tous ces cauchemars, à toutes ces formes qui défilent dans ta psychologie et moi qui suis ton serviteur et qui pour l’instant apparais être ton guide, je ne suis que ton serviteur à travers les siècles. Je ne suis là que pour t’aider à reprendre conscience et lorsque tu auras repris conscience, toi qui aujourd’hui es homme et qui pourtant es le Dieu que je sers, je me mettrai à tes genoux et j’attendrai tes ordres, comme tu seras à mes genoux et que tu attendras mes ordres, parce que nous sommes de la même essence et qu’ensemble nous bâtirons de grandes choses.

C’est ce que je vous souhaite et n’oubliez pas qui vous êtes. Vous pouvez oublier tout ce que je vous ai dit, même je vous l’ordonne. Il vaut mieux tout oublier parce que cela ne sert à rien de se rappeler toutes ces choses. Je parle pendant des heures pour vous amener petit à petit vers un instant, une intuition, un sentiment, un moment où vous allez peut-être basculer. Donc tout ce que je dis n’a aucune importance, ce n’est fait que pour petit à petit rompre avec tout ce que vous connaissez pour vous faire basculer ailleurs.Oublie ce que je t’ai dit, mais n’oublie jamais qui tu es et tu es celui que je sers.
Je vous salue....Conférence de Pastor,Guide Cosmique (1989-1990)

Source Officielle...http://conscienceuniverselle.eklablog.com/20-05-90-comment-etre-un-etre-authentique-a119319344

 

Publié Par Cristalyne 09 Août 2018  Colonne de feu 2

 

 

 

 

×