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***PÈRE CEYRAC***

Pierre CEYRAC fils spirituel de L'Inde, né le 4 février 1914 à Meyssac, en Corrèze (France), dans une famille bourgeoise catholique, il n’avait que 17 ans quand il décida d’entrer dans la Compagnie de Jésus. Il souhaitait en effet marcher sur les traces de son oncle jésuite, Charles Ceyrac, dont il entendait beaucoup parler lorsqu’il était enfant. « La figure de cet oncle inconnu fit naître en moi la vocation missionnaire qui signifiait deux choses à mes yeux: partir sans espoir de retour, mais aussi aller vers un pays de grande misère, car, dès l’enfance, j’ai ressenti le désir de secourir les plus pauvres. » Sa décision d’entrer dans la Compagnie de Jésus s’accompagnait d’ailleurs d’une condition: être envoyé en Inde. Une requête un peu inhabituelle, mais qui fut finalement acceptée, même s’il dut attendre six ans avant de pouvoir partir.

C’est ainsi qu’en 1937, il débarqua au Loyola College, la grande université jésuite de Madras, où il apprit le tamoul et le sanskrit, et s’initia à la culture et aux religions de l’Inde qu’il considérait comme autant de « chemins vers Dieu« . « De la même manière que le Christ s’est vidé de lui-même pour devenir l’un de nous à jamais« , expliquait-il, « le missionnaire doit renaître pour devenir éternellement un avec son nouveau peuple. »

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Un don total aux plus pauvres...

« Ma vie de jésuite« , résumait-il, « s’est déroulée par tranche de quinze ans. Quinze ans de formation intellectuelle et d’immersion profonde dans la culture indienne. Quinze ans comme aumônier national des universités de l’Inde. Quinze ans dans les bidonvilles de Madras et de développement rural dans le Talminadou. Et enfin, quinze ans au service des réfugiés, dans les camps de Thaïlande et du Cambodge, et dans le camp de Méhéba en Zambie. » Durant toutes ces années, son objectif ne fut pas de « faire grandir l’Église », mais de sauver l’homme, quel qu’il soit.

Mal à l’aise avec une institution qui, sur place, présentait à ses yeux un visage encore trop riche, notamment à cause du pouvoir que lui conférait son important réseau sanitaire et éducatif, il préféra s’engager pour la justice, auprès des enfants des rues, des lépreux et des intouchables. Suivant les traces du Mahatma Gandhi, qu’il avait bien connu, il se mit en effet à dénoncer le système des castes et à manifester en faveur de l’intégration des dalits. « Notre combat est un combat non pour les droits de l’homme« , expliquait-il, « mais pour le droit d’être un homme, ce qui est très différent. »

Fidèle à sa mission jusqu’au bout...

Jusqu’à sa mort, le  est resté fidèle à sa mission et n’a cessé de révéler l’amour de Dieu envers les plus pauvres. « Il ne peut garder la moindre roupie plus de quelques minutes« , disait d’ailleurs de lui un de ses frères jésuites. Pour le religieux, en effet, « tout ce qui n’est pas donné est perdu« .  Cette phrase, qui a servi de titre à l’un de ses livres, « dit quelque chose d’essentiel sur ce que nous sommes en profondeur« , expliquait-il. « En effet, nous sommes faits pour donner, nous sommes des êtres pour les autres. C’est le don aux autres qui nous libère et nous permet d’être nous-mêmes. Et quand je dis cela, je ne parle pas d’autre chose que d’amour. Aimer, c’est tout donner, c’est se donner. »Décédé le 30 mai 2012 dernier à Madras, à l’âge de 98 ans, le père Pierre Ceyrac était presque aussi célèbre et adulé en  que Mère Teresa. Arrivé dans ce vaste et merveilleux pays ..en 1936, il n’a jamais dévié de sa ligne: le service des plus pauvres. Ce qui en fait l’une des grandes figures spirituelles de notre ère...Gratitude Père CEYRAC pour tout ce que tu as accomplis pour l'humanité,que ton Âme soit en Paix...

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Depuis 1936, le père Ceyrac aide les plus démunis en Inde. Aujourd'hui, à 90 ans, il n'a pas terminé son combat. Il nous lègue, à travers les anecdotes émaillant ce livre, l'espoir qui l'habite, fruit d'une longue vie au contact des pauvres, des réfugiés, des parias, des enfants.

 

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***Mes racines sont dans le Ciel Père CEYRAC***

Depuis près de soixante-dix ans, le père Ceyrac aide les plus démunis en Inde ou, à l'instar de Mère Teresa, il est considéré comme une légende. Là-bas, il rend leur dignité à ceux qui croient l'avoir perdue, les aide à redevenir maître de leur destin, leur ouvre un chemin de liberté et de bonheur. Jamais il ne dit « non » à un enfant en détresse et se dépense sans compter auprès de plus de 40 000 orphelins. À 90 ans, le père Ceyrac est loin d'avoir terminé son combat et déclare « faire du rabiot pour apprendre à aimer ». 
Dans ce livre, il rend hommage à ceux qu'il a croisés sur sa route, nous lègue l'espérance qui l'habite au crépuscule de sa vie et nous apprend à ne jamais désespérer de l'être humain. Le testament d'un homme de foi qui a passé sa vie à faire du bien sans faire de bruit...Le père Ceyrac a voué sa vie aux intouchables et aux enfants des rues. Ce jésuite d’exception, admirateur de Gandhi, publie aujourd’hui son testament spirituel...Mes racines sont dans le Ciel...
"Tout ce qui n'est pas donné est perdu" Père Ceyrac

00000 5 Propos recueillis par Paul de SINETY...

"J'ai vécu une immense aventure. J'en suis très reconnaissant. J'ai rencontré des gens hors du commun, de très grands saints, comme mère Térésa, ou de très grands personnages, comme le Mahatma Gandhi. J'ai rencontré des gens de très grande stature jusqu'aux derniers petits, des gens de la rue, qui sont extraordinaires et dont on parle si peu. Mais ce sont eux qui font d'abord la texture de nos vies, qui en impriment le filigrane"...

En Inde, c’est une légende vivante. Mais, à chaque fois qu’on le questionne sur sa vie, il se dérobe avec l’humilité de l’homme de foi. À 90 ans, Pierre Ceyrac s’est pourtant décidé à franchir le pas. Dans son dernier ouvrage, ce vieux combattant livre avec émotion et sincérité le testament d’une vie tout entière vouée aux autres.

Alors qu’il poursuit inlassablement son combat contre les injustices et pour la libération des opprimés, il publie ce livre "comme un baiser d’adieu" à tous ceux qui l’ont "accompagné et si souvent porté tout au long de la route". Dans un chapelet d’anecdotes, il rend hommage à ceux qui l’ont formé dans sa jeunesse, aux personnalités qu’il a croisées – comme Nehru, Gandhi ou Mère Teresa –, à ceux qui ont partagé sa vie et travaillé à ses côtés, souvent dans des conditions extrêmes. 

Dès son arrivée en Inde, en 1937, ce jésuite français se plonge dans la culture et la philosophie du pays, étudie le tamoul, le sanskrit et l’hindouisme, pour mieux comprendre les habitants d’une terre qui deviendra sienne et où il veut, aujourd’hui, terminer sa vie. Sa rencontre avec Gandhi sera déterminante. 

Le Mahatma lui apprendra à "prendre la vérité à bras-le-corps". Avec lui, il se range résolument du côté des intouchables, des dalits – les "écrasés"–, comme ils se définissent eux-mêmes. Ces hommes et ces femmes réputés impurs, que Gandhi (qui cochait la case "intouchable" sur ses papiers d’identité) appelait les harijans, les enfants de Dieu. " Quand des hommes, des femmes, des enfants sont méprisés à cause de leur naissance, lance-t-il, il faut se mettre en colère ! " 

Pour ces naufragés de l’Inde, Pierre Ceyrac construit des dispensaires, des écoles, des centres sociaux, des villages d’accueil pour enfants... Il fait creuser des puits, crée des coopératives agricoles. Des chantiers humanitaires auxquels participent, à partir des années 1970, des centaines d’étudiants venus de France. En 1980, le jésuite rejoint 250000 réfugiés cambodgiens et vietnamiens dans les camps de Thaïlande. Malgré la guerre, il se bat quatorze ans durant pour faire reconnaître leur droit à l’éducation. 

Aujourd’hui, "Father Pierre", comme on l’appelle là-bas, est revenu en Inde, son pays d’adoption. À Madras, il poursuit sa lutte pour la reconnaissance des intouchables et la protection des enfants de la rue. Depuis dix ans, il coordonne un vaste mouvement qui regroupe aujourd’hui 25000 enfants intouchables (ils n’étaient que 12 en 1994). Loin de tout prosélytisme, passionné par la rencontre des cultures, Pierre Ceyrac estime que le vrai dialogue interreligieux, auquel il a consacré une partie de sa vie, ne se règle pas dans les colloques, mais se construit dans l’engagement auprès des pauvres. "Eux seuls sont capables de nous réunir, dit-il. Là où l’intelligence ne peut pénétrer, seul l’amour a la clé du mystère." Et ne lui parlez surtout pas d’évangélisation. "C’est un mot que nous n’employons jamais en Inde. Je me méfie beaucoup de tout ce qui ressemble à de la propagande. Je préfère parler du témoignage de l’amour qui transfigure." Un témoignage qu’il entend donner jusqu’à son dernier souffle.
"C'est la pauvreté de l'Inde qui m'a sauvé". Entretien accordé à La Vie en 2007, alors qu'il venait se faire soigner Paris..

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Source...http://phare-historique.weebly.com/les-origines.html

Publié par Cristalyne 15 Novembre 2016 Colonne de feu 2